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Mardi 10 mars

Ça s'est passé un 10 mars à Rouen

Rédigé par Aude Cazorla
Dans son tableau Boule de Suif, le peintre Paul-Émile Boutigny rend hommage à l'œuvre de Maupassant qui écrivit la fuite des Rouennais à l’arrivée des Allemands (crédit : CC).

Le 10 mars 1871, en pleine occupation prussienne, les Rouennais manifestent leur mécontentement face à la visite du prince Frédéric-Charles en arborant des drapeaux noirs.

Le contexte

  • Après la prise de Rouen le 6 décembre 1870, l'occupation allemande paralyse la vie politique et économique de la ville et de ses environs.
  • Une administration civile allemande s'installe, plaçant Rouen sous contrôle assidu.
  • Malgré une austérité étouffante, les Allemands parviennent à maintenir un calme relatif grâce à des mesures en faveur des classes populaires.

Une journée de révolte

  • Sur toute la période d'occupation jusqu'en juillet 1871, on ne peut signaler à Rouen que deux manifestations collectives contre les Allemands.
  • L'une d'entre elles eut lieu le 10 mars 1871, à l'occasion du passage du prince Frédéric-Charles. Dans son ouvrage La guerre de 1870-1871 en Normandie, l'historien Georges Dubosc raconte comment la population rouennaise voulut manifester sa tristesse.
  • Plusieurs maisons situées sur le passage du prince accrochèrent des drapeaux noirs aux fenêtres. Décorations funèbres et tentures de deuil se multiplièrent dans des formes variées aux façades, jusque dans des rues emblématiques comme la rue Grand-Pont et la rue de la Grosse-Horloge.
  • Des magasins à la devanture close affichaient des écriteaux « Fermé pour cause de deuil national ».

Tensions et réactions

  • Les soldats allemands, rendus furieux par cette manifestation pacifique, tentèrent d’arracher les drapeaux noirs, mais les Rouennais redoublèrent d'inventivité.
  • Une répression s'ensuivit : menaces contre la population, arrestations de figures locales influentes... Quelques habitants furent même assommés par des soldats.
  • Malgré les risques, cet acte courageux restera gravé comme l'un des événements marquants de la résistance rouennaise face à l'occupation, toujours connu sous le nom de « Journée des drapeaux noirs ».
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