Lundi 16 mars
Quand Rouen était la capitale de la faïence française
Rédigé par Agathe Poirot-Bourdain.
Le célèbre décor bleu et blanc à lambrequin d'inspiration chinoise fut popularisé à Rouen (crédit : Musée de la Céramique Rouen).
Les faïences de Rouen sont connues dans le monde entier depuis le XVIe siècle. Un savoir-faire qui fut protégé par la mère de Louis XIV.
Des artisans locaux
- Les faïences rouennaises appartiennent à l’histoire des Arts décoratifs français. La faïence est une terre cuite recouverte de glaçure avec une cuisson au bois dans des fours à cloche. À la Renaissance, cette technique est très appréciée.
- Le premier faïencier rouennais est Masséot Abaquesne. Emailleur de terre dès 1538, il se forme en Italie et développe son propre style. Il est le faïencier des apothicaires.
- En 1545, Pierre Dubosc, apothicaire rouennais, lui commande 4 152 pots à pharmacie. Dans son atelier, les bleus de cobalt, verts de cuivre et jaunes d’antimoine colorent des faïences décorées pour la plupart de portraits et de masques.
Un privilège royal
- En 1644, un privilège royal de production de faïence est accordé à Rouen par la reine Anne d’Autriche. Une manufacture royale est créée.
- Le célèbre décor bleu et blanc à lambrequin est lancé. Les inspirations sont chinoises, les motifs végétaux ou scènes galantes et les décors rococo. Il y a une grande variété d’objets : plat à barbe, boîtes à épices et même des manteaux de cheminée. La vaisselle reste un produit phare de la manufacture.
- La faïence remplace les pièces d’argent, fondues pour financer les guerres du Roi Soleil. La polychromie s’invite dans les placards des plus aisés.
L’heure des collections
- En un siècle, Rouen devient la terre de la faïence. En 1720, 13 fabriques avec plusieurs centaines d’ouvriers modèlent, cuisent et émaillent ces pièces uniques.
- L’essor de la faïence rouennaise n’a qu’un temps. En 1810, les ateliers locaux sont fermés à cause de la concurrence.
- Au milieu du XIXe, les premiers collectionneurs apparaissent. En 1864, la création d’un lieu pour honorer ce patrimoine s’impose à Rouen. Rue Faucon, le musée de la Céramique de Rouen témoigne du savoir-faire local.
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