Mardi 2 septembre
Thomas Pointeau, un street-artiste 100 % rouennais
Rédigé par Agathe Poirot-Bourdain
Le graffeur aime recouvrir les murs de couleurs (crédit : Périgord Habitat).
Autodidacte et passionné, le graffeur normand Madkow s’inspire de la vie quotidienne pour nourrir son art. Entre fresques urbaines monumentales et peintures de chevalet, il explore un univers où se mêlent humour, poésie et engagement.
Une signature normande
- Quand Thomas Pointeau commence à peindre dans les années 1980, sa signature est 100 % normande : une vachette. Ce choix fait référence à son pseudonyme d’alors.
- « On me surnommait la vachette, car j’étudiais les vaches et je m’amusais à les dessiner ! », se souvient l'artiste. De vachette à cow, « vache » en anglais, il n’y a qu’un pas. Une manière très locale de créer un logo identitaire. Thomas personnalise ensuite ce surnom en remplaçant le C de cow par un K. Ainsi naît Madkow.
Faire parler les murs
- Madkow est un artiste de street art, l’une des expressions les plus marquantes de l’art contemporain. Il aime y exprimer sa sensibilité au cœur de la ville.
- Dans cette pratique, il apprécie particulièrement la dynamique de réseau. En 2016, pour le festival Rouen impressionnée, il réalise avec d’autres artistes locaux une fresque colorée boulevard Ferdinand-de-Lesseps, sur les façades de l’ancien restaurant Quai Ouest. On y découvre un plan de Rouen en labyrinthe, des portraits et des bouquets.
- En 2019, au Petit-Quevilly, la peinture murale Feuillages propose une vision du monde revisitée par Madkow.
- Une formation au Havre en graphisme, illustration et photographie enrichit son horizon artistique.
Mélanger les univers
- Son inspiration est centrée sur les thèmes du quotidien, la féminité et la nature. Madkow peint aussi sur toile. « Mes œuvres sont plus figuratives qu’abstraites, avec beaucoup de couleurs », explique-t-il. La peinture sur toile lui offre une liberté totale et une indépendance dans le choix des thématiques. « J’utilise de l’huile, très onctueuse, de l’Atelier des Fontaines : c’est ce qui retranscrit le mieux la réalité. »
- Thomas associe l’hyperréalisme et le traitement contemporain : effets d’accumulation, glacis et cadrages audacieux. Sa peinture Bouteilles illustre un exercice virtuose de transparence et d’opalescence.
- L’humour reste très présent dans son œuvre. La toile Vivons heureux, vivons cachés est un autoportrait où Thomas se dissimule sous une nappe à fleurs, inspirée du modèle d'un tissu appartenant à son arrière-grand-mère.
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