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Jeudi 4 décembre

Rencontre avec l'artiste rouennaise Sophie Reulet

Rédigé par Agathe Poirot-Bourdain.
L'artiste va exposer ses œuvres prochainement dans une galerie à Rouen (crédit photo : Sophie Reulet).

La plasticienne rouennaise Sophie Reulet a deux passions : les affiches urbaines et le temps qui passe. Elle trouve le moyen d'allier les deux dans sa pratique artistique.  

Des œuvres reconnaissables

« Official bill stealer » : C’est sa signature d’artiste. Traduisez, « voleuse officielle d’affiches ». « En récupérant des affiches, je suis transgressive. C’est un pied de nez à la mention "Interdit d’afficher" », explique la Rouennaise qui utilise l'affichage urbain comme support de son travail. 

« L’art urbain m’a toujours attirée, mais je n’étais pas à l’aise dans la rue. Un ami m’a parlé du travail du plasticien Jacques Villeglé », se souvient Sophie. Une révélation qui la conduit à découper sa première affiche pour y peindre la tête de Picasso.

« J’aime l’irrégularité des couches de papier. L’affiche m’offre ses défauts. Elle permet de confronter passé et présent », souligne la créatrice.

Le temps comme moteur

L’œuvre de Sophie Reulet se relie avec l’idée que l’existence est éphémère et précieuse. Explorer les couches sédimentées, c’est regarder un épiderme vieilli par le temps et deviner son histoire. 

« À la quarantaine, je me suis questionnée sur le temps et mon travail a évolué. L’avenir est devenu un sujet d’inspiration », confie-t-elle. 

Sur la partie colorée des supports, Sophie applique une peinture à l’huile et compose des fragments de sujets anonymes. « Dans une société envahie d’images, c’est une volonté de ne pas trop montrer », précise-t-elle. Travaillé à l’encre, le verso des affiches offre des tons blancs ou bleus et quelques lettres à l’envers. 

Archives urbaines

Sophie s’identifie à une archéologue du futur retrouvant des artefacts. 

« Les couches de papier donnent des informations politiques, festives, musicales. Quelle trace laissons-nous de nos sociétés ? », s’interroge l’artiste qui met aussi sous cloche des cubes de papier recyclé, sorte de reliques du passé immortalisées. 

« J’ai l’impression de créer le testament d’une époque qui bascule », conclut Sophie. Une galerie exposera ses œuvres prochainement au 46, rue d’Amiens à Rouen.

 

 

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