Laetitia Henry, fondatrice de la marque Ouais et alors, rouennaise et inclusive
Il y a un peu plus de cinq ans, cette mère de famille créait une ligne de vêtements aux messages inclusifs, avec l’envie de changer le regard du grand public sur le handicap.
Une histoire personnelle
À la fin des années 2010, Laetitia Henry travaille dans le domaine des assurances et connaît une expérience douloureuse à plus d’un titre : « Mon employeur m’a licenciée. Il m’avait demandé d’interrompre ma grossesse », révèle-t-elle.
Aujourd’hui âgée de 41 ans, elle est la maman d’une petite fille atteinte de trisomie 21 et d’un petit garçon autiste. À l’époque, tout s’écroule pour elle.
Lorsqu’elle promène sa fille dans la rue, elle entend les pires commentaires, doit faire avec les regards curieux, ou maladroits, dans le meilleur des cas. « C’est très violent pour une jeune maman. »
Un slogan qui marque
« C’est mon projet qui m’a relevée. J’ai ressenti le besoin de porter un message positif et de changer le regard des gens sur le handicap », témoigne la jeune cheffe d’entreprise.
En novembre 2020, elle crée Ouais et alors. Quelques premiers t-shirts portent le slogan, comme un cri du cœur. « J’ai pris le temps d’apprendre à construire une marque. Je voulais que ce soit du « made in France », ça n’aurait pas eu de sens de faire fabriquer mes vêtements dans des conditions inacceptables quand on défend l’humain au quotidien », ajoute-t-elle.
C’est décidé : non seulement les vêtements de la ligne Ouais et alors seront fabriqués en France, mais en plus ils seront bio. Tout le monde lui dit alors que l’opération s’annonce compliquée. Mais la jeune femme est têtue et insiste.
Toujours en développement
Après les t-shirts, d’autres produits sont venus enrichir la gamme de Ouais et alors : hoodies, sweats, bonnets et casquettes, tote-bag complètent une offre orientée streetwear.
« La marque touche les particuliers, mais aussi les entreprises. Récemment, c’est le Zénith de Rouen qui s’est engagé à habiller son personnel aux couleurs de la marque. Nous y avons même organisé un défilé de mode inclusif il y a quelque temps. »
Dans un monde idéal, Laetitia Henry aimerait développer son activité ailleurs qu’à Rouen. Depuis La Neuville-Chant-d’Oisel, où elle réside aujourd’hui avec sa famille, elle se verrait bien ouvrir des franchises dans les grandes villes françaises. « Je suis parfois épuisée par tous ces combats à mener, mais j’ai tellement envie de participer à la transformation de la société. Pour mes enfants et pour les autres », conclut-elle.
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