Sophie Demange, une écrivaine rouennaise qui utilise sa plume pour lutter contre les violences sexistes
Écrivaine et figure locale, Sophie Demange se présente comme une autrice qui porte la voix des femmes. Son premier roman Les Bouchères (2025) incarne cette volonté.
Une rouennaise d’aujourd’hui
Sophie Demange est une femme plurielle. Son parcours est fait de voyages et d'engagements au sein d'associations telles que Médecins du Monde ou Le Secours Populaire. Des expériences qui ont forgé sa compassion pour les autres et nourri sa sensibilité face aux violences faites aux femmes.
Dans son premier roman, Les Bouchères, elle met sa plume au service de la condition des femmes. « Ce roman, je le voulais engagé. J'ai mis trois ans à l'écrire, car je travaille aussi à plein temps dans le médico-social », explique l'autrice. Le thriller est paru aux éditions de L’Iconoclaste en janvier 2025.
Un roman 100 % local
L’intrigue du livre se passe à Rouen, au cœur du quartier Jouvenet. « C’est un quartier de notables. Mes personnages Anne, Stacey et Michèle bousculent les codes. La boucherie est un métier très genré. »
Le commerce de boucherie du livre est hors du commun : une devanture rose, un agencement en îlot façon joaillerie et des bouchères aux ongles pailletés. « Un article avec des bouts de viande désossés m’a fait trouver le fil narratif entre le corps des femmes, la violence et la boucherie », explique Sophie Demange.
Le livre fait la part belle à la résilience et la sororité. Il taille dans le vif des stéréotypes, abordant avec humour des sujets graves comme le sexisme et le viol. « Le quartier Jouvenet devient le temps d’un livre un microcosme de non-dits. »
Questionnements sociétaux
Pour Sophie Demange, « Les Bouchères sont un miroir impitoyable de notre société, interrogeant les mécanismes de reproduction des inégalités de genre ». C’est aussi une exploration des conséquences psychologiques des violences sexuelles, une thématique très présente dans les débats sur le consentement des femmes.
Derrière les héroïnes vengeresses, l'histoire est aussi une fable sociale féministe qui parle des humiliations subies et du poids de la transmission familiale. « La boucherie est cet espace symbolique de reconstruction du corps féminin à travers un métier d’hommes réinvesti par les femmes. »
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