Rencontre avec Jérôme Benet, co-fondateur du festival Archéo Jazz à Rouen
L’ancien président de l’Association Château Blainville 76 est toujours très impliqué dans l’événement musical qui accueille Sinclair, Al Di Meola, Keziah Jones ou bien encore Eagle-Eye Cherry à partir d’aujourd’hui, et jusqu’à samedi.
Passionné par les vestiges
L’incroyable histoire du festival Archéo Jazz débute en 1967. À cette époque, il n’est pas question de musique, mais plutôt de vestiges médiévaux. « C’est à ce moment-là que nous avons commencé à dégager le monument enseveli », se souvient Jérôme Benet, l’un des jeunes de la commune très impliqués sur les fouilles dès 1968.
Il n’est pas question ici d’une lubie passagère, mais bien d’une passion dévorante. « Personne n’était archéologue, mais nous étions suffisamment consciencieux pour mener les fouilles, avec l’autorisation des autorités. »
Aujourd’hui encore Jérôme Benet reste investi sur la partie travaux du château de Blainville-Crevon. Car le chantier se poursuit, encore et toujours. « On continue 13 à 14 samedis par an, avec une belle équipe de bénévoles qui se renouvelle sans cesse avec des jeunes locaux. »
De « soirée concert » à « festival international »
Après plusieurs années de fouilles, une grande fête est organisée sur le site du château, avec un grand buffet, la visite de Jean Lecanuet, et un groupe de jazz pour l’ambiance et la danse.
« Le groupe était composé d’amis. Ils avaient joué bénévolement, mais il avait fallu payer les frais de déplacement, raconte Jérôme Benet. L’année d’après, en 1977, nous avons refait une fête avec un concert, mais en faisant payer 20 francs l’entrée. Nous avons accueilli 700 personnes… »
Le festival présidé par le Blainvillais dès 1977 grandit, vite et bien. Il s’internationalise dès 1983 en recevant la chanteuse de jazz américaine Rhoda Scott. Depuis, les grands noms et les talents locaux noircissent les affiches d’un festival ouvrant sa scène à d’autres styles musicaux : Souchon, Nougaro, Buena Vista Social Club, Yuri Buenaventura ou encore Dee Dee Bridgewater participent ainsi à la fête.
Toujours impliqué de nos jours
« Le festival est toujours resté un hobby pour moi. Aujourd’hui, c’est l’un des plus anciens de France et il repose essentiellement sur le travail des bénévoles. Cette année, nous en comptons 200 pour 8 000 spectateurs attendus. »
Dans le civil, Jérôme Benet a fait carrière dans le montage juridique et financier des contrats d’entreprises. II a vécu en Égypte, en Arabie Saoudite ou à Paris, mais ne s’est jamais vraiment éloigné de Blainville-Crevon. Surtout le mois de juin venu.
Depuis 2021, il a laissé la présidence de l’association à son fils, Louis, mais ne reste pas inactif pour autant : « Je fais jouer mon réseau pour la programmation, je suis sur le terrain pour la logistique et je m’occupe toujours un peu de la partie administrative. » Toujours avec le même plaisir ? « Le plaisir, il est là quand on a fini de tout démonter et que tout s’est bien passé », sourit-il.
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