L'entretien : Olivia Papini mise sur la production audiovisuelle
Même si son parcours professionnel l'a menée dans d'autres villes et d'autres pays, Olivia Papini reste profondément attachée à Toulon où elle s'investit pleinement et participe à l'évolution de l'écosystème autour des industries créatives et culturelles mais aussi de l'intelligence artificielle. La cheffe d'entreprise, membre du board de la French Tech Toulon Var, répond aux questions de l'Essentiel Toulon.
Vous lancez cette semaine une nouvelle société. De quoi s'agit-il ?
« En effet. Vendredi matin, avec mes associés, nous déposons les statuts d'une nouvelle structure, Nexus Inari. Il s'agit d'une société qui va plutôt mettre en place de la production audiovisuelle basée sur de l'intelligence artificielle (IA) souveraine, c'est-à-dire une IA qui est travaillée et hébergée sur un serveur français, sur le territoire. Avec comme objectif de suivre à la lettre ce que nous demande l'IA Act et la jurisprudence de Munich sur l'éthique, la transparence sur les données d'entraînement, et pour créer une production protégée, copyrightée et en accord avec ce que veut l'Europe. Ce qui nous intéresse particulièrement, c'est la fiction verticale, ce qu'on appelle microdramas. »
Avant cela, quel a été votre parcours ?
« J'ai commencé aux éditions Soleil et je suis d'ailleurs très reconnaissante envers Mourad Boudjellal qui m'a donné ma chance. Je m'occupais du lien de la maison d'édition avec le Japon. Je parle japonais et je connais les usages de ce pays, ce qui aide. J'ai ensuite travaillé pour l'ambassade et avec l'Institut français à Tokyo. Et après avoir passé 15 ans entre la France et le Japon, j'ai souhaité entreprendre. Ma 1ère structure n'a pas marché du tout car je n'avais pas fait forcément les bons choix et beaucoup d'erreurs. Puis j'ai rencontré TVT Innovation, qui m'a donné ma 2e chance et m'a permis d'intégrer une formation de 10 mois pour les futurs chefs d'entreprise. À partir de là, je me suis aussi beaucoup auto-formée, je me suis vraiment intéressée aux jeux vidéo et à l'animation et j'ai commencé à enseigner. Puis j'ai fait les Gobelins à Paris et j'ai créé La méduse violette. »
Quel regard portez-vous sur l'écosystème toulonnais ?
« Quand j'ai lancé La méduse violette en 2021, l'écosystème autour de l'infographie 3D, des jeux vidéo et du cinéma, n'existait pas. Il n'y avait pas grand-chose qui permettait de soutenir de futurs studios, pas de connaissance du marché des industries créatives et culturelles qui est le mien, véritablement. Je suis donc partie à Angoulême alors que j'avais envie de développer ma structure ici. Maintenant cet écosystème existe, il est à l'écoute et il est en mesure de s'exporter, de se tourner vers l'international. »
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