Droits des femmes : « Nous sommes passés de l'explication à la résistance » ️
Président du festival « Femmes ! » qui se poursuit jusqu'à dimanche et dont l'inauguration seynoise a lieu ce soir au Casino Joa, Luc Patentreger répond aux questions de l'Essentiel Toulon.
Comment se déroule cette édition ?
« Nous avons démarré sur les chapeaux de roue avec une fréquentation supérieure aux années précédentes. Les salles sont complètes pour les projections du soir. Nous avons eu du monde aussi pour la conférence sur la santé mentale au féminin et pour la masterclass avec les actrices et acteurs de Plus belle la vie. Nous sommes très contents. Pour toute l'équipe du festival, composée seulement de bénévoles, c'est très satisfaisant. »
Quel est le prochain temps fort ?
« C'est ce soir, avec l'inauguration seynoise du festival puisqu'après La Garde, Toulon et Six-Fours-les-Plages, c'est dans cette commune que la programmation continue jusqu'à la fin de la semaine. À 18h, un cocktail est offert par la mairie et l'association, ouvert à tous, suivi d'un spectacle du Cabaret Gabrielle. C'est très beau, très artistique. Puis la projection de The last show girl, de Gia Coppola. Tout cela se passe au Casino Joa où se déroule aussi l'exposition « Veilleuses d'océans » d'Émilie Delamorinière et Pascal Scatena. »
Le festival a été créé il y a 24 ans pour défendre les droits des femmes. Qu'en est-il aujourd'hui ?
« Cette différence qu'il y a entre les hommes et les femmes, dans leurs droits et au niveau social, ce n'est pas normal. Mais aussi les abus qui peuvent être faits sur les femmes. Tout cela m'a touché très jeune. Mes études m'ont conforté dans la nécessité d'agir et j'ai été plongé dans cette thématique tout au long de ma carrière professionnelle en tant que médecin. Aussi, quand, en 2001, nous avons créé ce festival avec Loutcha Dassa, il était évident qu'il fallait, en plus de promouvoir le cinéma d'art et essai, de faire revenir les gens dans les salles, de défendre les droits des femmes, leur émancipation et de lutter contre toutes les violences à leur égard. À l'époque, il fallait parler, pour expliquer. Pour dire la différence dans l'égalité des salaires, montrer les problèmes de violences sexistes, etc. Aujourd'hui, il faut résister. Nous sommes passés de l'explication à la résistance. »
Et l'art est-il la meilleure arme pour cela ?
« C'est en tout cas celle que j'ai choisie. En tant qu'écologiste, féministe ouvert, universaliste et humaniste, c'est mon arme. Mais le vote est aussi une arme très importante. Comme la communication et l'éducation. Des armes, en réalité, on en a plein. Toutefois, il faut des guerrières et des guerriers pour les porter, comme dans l'équipe du festival depuis 24 ans. »
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