Le portrait : Solange Triger, l'art en étendard 🏳️
Pour « Mémoires vives », à voir jusqu'au 14 septembre au Mémorial du Débarquement et de la Libération en Provence au mont Faron, l'artiste toulonnaise s'est plongée dans les archives de guerre, internationales et personnelles.
Les débuts
« Je suis artiste depuis un certain nombre d'années », sourit Solange Triger. « À mes débuts, j'ai eu la chance d'être soutenue par Marianne et Gérard Estragon, qui m'ont permis d'avoir un lieu où travailler. J'ai aussi été épaulée par Françoise Baudisson, désormais présidente de Châteauvallon, grâce à qui j'ai commencé à donner des cours à l'école municipale d'art de La Seyne-sur-Mer. » Des appuis précieux, pour la jeune artiste de l'époque. « Je finissais tout juste mes études, cela m'a permis d'avoir du temps pour poursuivre mes recherches et mon travail de création. »
Le style
Professeur à l'École d'art de Toulon depuis 15 ans, Solange Triger a « une pratique plutôt tournée vers la peinture qui intègre de plus en plus la notion de l'image et la photographie », indique-t-elle. Un art qui questionne aussi notre époque et notre façon de produire, de consommer. « Avant, je produisais puis j'exposais. Maintenant, je préfère réfléchir à une exposition une fois le projet lancé, en fonction du lieu ». En réutilisant certaines toiles, parfois. Et c'est justement ce qu'il s'est passé pour l'exposition en cours, au Mémorial du Débarquement et de la Libération en Provence au mont Faron.
Le partage
Elle est en quelque sorte l'aboutissement d'un travail débuté il y a une dizaine d'années. « J'avais visionné des milliers d'heures d'archives françaises, allemandes et italiennes sur la Seconde Guerre mondiale. Mon appareil photo devant l'écran, je capturais les images qui m'intéressaient, qui trouvaient un écho dans les récits que j'avais pu me forger de cette histoire. » Des instantanés qu'elle superposait ensuite de peintures au style camouflage donnant naissance à la série « War ». « Et lorsque le projet d'une exposition au Mémorial est né, en travaillant avec Frédéric Pédron - directeur des Hauts lieux de la Mémoire nationale du Var, NDLR -, l'idée de les transposer sur des drapeaux m'a séduite. » Des drapeaux qui interpellent autant que l'installation vidéo qui les accompagne, inspirée, quant à elle, d'un carnet ayant appartenu à son père, prisonnier de guerre entre 1940 et 1945.
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