Boris Cyrulnik, infatigable relais d’espoir
Neuropsychiatre et auteur prolifique, notamment sur le thème de la résilience, Boris Cyrulnik publie un nouvel ouvrage cette semaine. Nous l’avons rencontré chez lui, à La Seyne-sur-Mer.
Bio express
Né en 1937 à Bordeaux d’une famille d’immigrés juifs, Boris Cyrulnik vit l’horreur pendant la Seconde Guerre mondiale. Alors que ses parents sont déportés, il parvient, à 6 ans, à s’échapper de justesse d’une rafle nazie. Orphelin à la fin de la guerre, il fait des études de médecine et devient un psychiatre et un enseignant reconnu. Il commence alors à se raconter dans ses livres, dans lesquels il analyse la capacité de l’humain à se reconstruire après des traumatismes.
Son coup de cœur
Aujourd’hui, à La Seyne-sur-Mer, il vit dans une maison à la vue imprenable sur la baie de Tamaris. « Cela fait une quarantaine d’années que nous vivons ici, avec ma femme Florence », précise-t-il. « Nous avons été nommés, tout jeunes, dans des hôpitaux à Hyères, en 1964. Comme beaucoup, nous sommes tombés amoureux de la région. De retour à Paris, nous avons tout fait pour revenir. J’ai finalement obtenu un poste dans un centre de post-cure au Revest-les-Eaux, puis à l’hôpital de Toulon - La Seyne-sur-Mer. Nous ne sommes jamais repartis », sourit-il. Ses coins préférés ? Les Sablettes, le Cap Sicié et Notre-Dame-du-Mai où « c’est magnifique, même les jours de mistral », sourit-il.
Sa passion
Auteur infatigable, Boris Cyrulnik n’a jamais cessé d’écrire depuis la parution de son premier ouvrage en 1983. « Je ne dors que 4 à 5 heures par nuit, c’est tout. Je sais que ce n’est pas assez, mais c’est une habitude que j’ai prise pendant mes études, lorsque je lavais des carreaux avant de retrouver les amphis », se souvient-il. Ce mercredi 15 avril, il publie Au saccage des petits bonheurs, aux éditions Odile Jacob.
Son espoir
Si le climat actuel et les guerres en cours l’inquiètent et l’attristent, Boris Cyrulnik estime que l’art peut jouer un rôle important dans nos sociétés. « Au Proche-Orient, il n’y a aucune empathie, dans les deux camps. Je pense que la solution est dans le théâtre, la littérature. Seule la fiction soulève les problèmes sociaux et surtout, permet de découvrir l’autre. Quand on connaît le monde intime de l’adversaire, il y a moins de haine. Pour moi, c’est fondamental ».
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