L'entretien : « Il y a un manque de cap, de visibilité » pour les PME 💱
Vincent Aguilera, président de la confédération des petites et moyennes entreprises d'Occitanie fait le point sur la situation des PME locales.
Quelle est la situation actuelle des PME en Occitanie ?
« La situation est marquée par une forte incertitude politique, avec peu de réformes structurelles. La croissance s'améliore à peine, atteignant 0,6 à 0,7% contre 1,4% en Europe.
Malgré un chômage stable, une inflation maîtrisée à 0,9% et l'absence de récession, nos entreprises subissent une crise politique qui entraîne méfiance et attentisme, freinant la vente de nos produits et services.
Il y a un manque de cap, de visibilité, illustré par l'exemple de la rénovation énergétique où la plateforme a été suspendue faute de moyens. Comment fait-on une fois que l’on a embauché des gens ?
De même, la fiscalité incertaine ne permet pas d’investir. »
Quelles sont les particularités de l’Occitanie et de la Haute-Garonne ?
« La particularité de l’Occitanie est ses deux métropoles. La Haute-Garonne est tirée par l’aéronautique, l’Hérault par l’agriculture et le tourisme.
L'aéronautique nous permet de maintenir une situation plus confortable que dans le reste de la région, avec des carnets de commandes pleins. Ce qui nous a inquiété était de trouver des compétences, mais cela se règle.
Les salaires dans l’aéro sont trois fois plus élevés qu’ailleurs, ce qui n’est pas négligeable car les salariés consomment sur le territoire.
Cependant, c’est la première fois que nous constatons une stagnation de la création d'emplois depuis juillet et une baisse significative de l'intérim de 9 à 10%. »
Quelle est votre stratégie ?
« Au milieu de toutes ces turbulences, nous avons voulu bâtir le plan Cap 2028, qui s'articule sur quatre axes.
Le premier est de structurer nos réseaux et de croître. Le deuxième est de devenir l'interlocuteur de référence pour les grands groupes.
Le troisième axe concerne les enjeux de la transition énergétique et numérique. Nous sommes en retard sur le virage de l'IA, pourtant active dans nos métiers. Par exemple, l'arrivée de la facturation électronique obligatoire en 2027 représente un défi majeur pour toutes nos TPE. Nous allons travailler avec les Chambres de Commerce et d'Industrie.
Le quatrième axe sera de doubler le nombre d'adhérents, passant de 3 000 à 6 000, et d'être mieux représenté dans les instances régionales. Nous souhaitons accompagner nos adhérents dans leurs actes économiques, que ce soit au tribunal, aux prud'hommes ou face à l'Urssaf, grâce à nos mandataires. »
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