Lundi 15 juin
La Bonne idée : lâchers de moustiques tigres mâles stériles
Rédigé par Charline Poullain
Terre-Cabade est souvent le terrain d'expérimentation, car les cimetières pullulent de moustiques DP avec photos (crédit : Charline Poullain)
Toulouse teste une nouvelle méthode pour diminuer progressivement les populations de moustiques tigres : des lâchers de mâles stériles. L'expérimentation va être menée sur 2 ans.
Comment ça marche ?
- Au cimetière Terre-Cabade, la société Terratis amène de curieuses boîtes transparentes tout en longueur. À mieux y regarder, l’intérieur fourmille… chacune contient 3 000 moustiques tigres mâles stériles.
- « Ils vont s'accoupler et les œufs seront vides », explique Annamaria Tripicchio-Rogier, conseillère municipale déléguée à l'animal dans la ville.
- Il faut des pré-requis pour comprendre : seules les femelles moustiques piquent, à la recherche de protéines pour le développement des œufs. Elles ne s'accouplent qu'une seule fois, puis conservent le sperme dans leur spermathèque tout au long de leur vie. Si c’est celui d’un mâle stérile, les 800 œufs à venir - en quelques pontes - seront donc vides.
À propos
- Implantée à Montpellier, Terratis est une ferme à moustique. « Nous produisons des millions de moustiques stériles en les passant sous rayons X », explique Clelia Oliva, présidente et cofondatrice de la société Terratis.
- La société travaille déjà avec les Villes de Montpellier et Brive. « Nous avons proposé à Toulouse de lâcher 2 fois par semaine, de mai à octobre, en différents points du cimetière pour protéger 50 hectares. » L’animal ayant un champ d’action de 80 à 100 m.
- « On lâche massivement, plus que nécessaire, plutôt le matin ou en fin de journée », détaille Florian Vernichou, responsable du déploiement.
- Avec 200 000 mâles stériles par semaine, « nous visons une diminution de 50 à 60 % la première année, et 80 % la seconde ». L’efficacité sera mesurée grâce à des pièges pondoirs, où pourront être décomptés les œufs effectivement stériles.
Aller plus loin
- Ces lâchers viennent en complément d’autres démarches : les 65 bornes anti moustiques, 118 poubellariums (remplis de petits animaux aquatiques qui mangent les larves) dans des écoles, crèches et aux serres municipales, ainsi que 434 pièges pondoirs, que les Toulousains ont pu acquérir à prix réduits.
- « Cette lutte se combine avec des actions citoyennes sur l’espace privé », rappelle Annamaria Tripicchio-Rogier.
- La collectivité a également engagé des campagnes de diagnostic des bâtiments publics à toits plats, terrains privilégiés de reproduction car l'eau y stagne.
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