Lundi 9 février
C’est arrivé un 9 février… 1619 : la mort de Giulio Cesare Vanini
Rédigé par Mathieu Arnal
Une commémoration se tient tous les ans près de la plaque hommage à Vanini, place du Salin (crédit : photo Didier Descouens).
Ce prêcheur et philosophe napolitain (1585-1619), accusé de « blasphèmes et d'athéisme », a été brûlé sur la place du Salin, à Toulouse.
UNE CONDAMNATION EXEMPLAIRE
- Le 9 février 1619, sur la place du Salin, derrière le parlement de Toulouse (aujourd’hui Palais de justice), le bourreau arrache la langue de Giulio Cesare Vanini à l’aide d’une tenaille, puis l’étrangle, avant que son corps ne soit jeté dans les flammes.
- Arrêté le 2 août 1618 sous le faux nom de Pompinio Usciglio à son domicile de la Daurade par les capitouls Olivier et Virazel, il est transféré à la prison de la Conciergerie (dans l’enceinte du parlement). Il est accusé d’avoir prononcé des « paroles pleines de blasphème contre la divinité », un crime qualifié alors de « lèse-majesté divine ».
- « Durant son procès, face au conseiller du parlement Guillaume Catel, il déploie des trésors de dialectique pour montrer que ces accusations d’athéisme ne sont pas une négation de la divinité mais, au contraire, une manière d’exalter la toute-puissance du Créateur », raconte l’historien Didier Foucault, auteur de l’ouvrage 1619. Vanini, un libertin sur le bûcher (Editions Midi-Pyrénéennes).
- Après six mois d’instruction, la sentence tombe : la peine capitale exécutable le jour même.
LES PÉRÉGRINATIONS D’UN LIBRE-PENSEUR
- Natif de Taurisano, près de Lecce, au sein d’un territoire appartenant au royaume de Naples, Vanini effectue des études de droit avant de rentrer dans l’ordre des Carmes.
- En 1612, il abjure sa foi catholique et se convertit à l’anglicanisme. Il vit à Londres auprès de l’archevêque de Canterbury avant de se brouiller avec lui.
- Il s’enfuit clandestinement en Espagne avant de gagner la Belgique puis d’être envoyé à Paris auprès du nonce apostolique. Il entre à la cour de la régente Marie de Médicis (mère de Louis XIII) puis devient chapelain du diplomate et futur maréchal François de Bassompierre.
- En 1616, il publie l’essai De Admirandis Naturæ Reginæ Deæque Mortalium Arcanis (les admirables arcanes de la nature, reine et déesse des mortels) dans lequel, s’il nie la validité des religions révélées, il accepte Dieu comme être absolu et considère la nature comme sa manifestation. Sa conception philosophique s’apparente ainsi au libertinisme et au naturalisme panthéiste.
- Se sentant menacé, il se réfugie à Toulouse auprès de son nouveau protecteur, Adrien de Monluc, comte de Caraman.
SA MÉMOIRE
- En 2008, une plaque en hommage à Vanini, ainsi qu’à d’autres libres penseurs qui ont étudié ou enseigné à Toulouse, comme Etienne Dolet, Michel Servet et Giordano Bruno, a été inaugurée sur le lieu de son exécution.
- Chaque année, le 9 février, la Fédération de la Libre-pensée de la Haute-Garonne organise une cérémonie commémorative, sur la place du Salin.
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