Mercredi 4 mars
C’est arrivé un 4 mars : en 2004, la mort de Claude Nougaro
Rédigé par Mathieu Arnal
Une statue en pied de Claude Nougaro, réalisée par le sculpteur Sébastien Langloÿs a été installée square de Gaulle près du donjon du Capitole en mémoire de l'artiste (crédit : Mathieu Arnal).
Il y a 22 ans jour pour jour disparaissait Claude Nougaro. Il est décédé à 74 ans, après avoir lutté contre un cancer du pancréas.
Toulouse sidérée par la nouvelle
- L'artiste est mort dans la matinée dans son appartement parisien situé dans le 5e arrondissement de la capitale.
- La nouvelle est rapidement connue dans sa ville natale et l'émotion est palpable. Les Toulousains sont sous le choc même si on savait qu'il avait subi plusieurs opérations chirurgicales au cours des derniers mois. Des roses sont déposées assez vite dans le jardin qui porte son nom.
- Le président du conseil régional Midi-Pyrénées, Martin Malvy, confie ce jeudi là ce que tous les Haut-Garonnais pensent :« C'est beaucoup plus qu'une page de l'histoire française et de Toulouse qui se tourne. C'est un livre de notre temps qui s'achève, écrit par un immense troubadour qui nous a émus et que nous avons aimé ».
- Le député maire Philippe Douste-Blazy dira lui « notre cité vient de perdre l'un de ses plus grands poètes ». Le lendemain, une immense foule se rassemble place du Capitole pour chanter.
- Six jours plus tard, il aura a droit à des obsèques mémorables à la basilique Saint-Sernin.
L’HOMMAGE DE TOULOUSE A SON POÈTE
- « Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin/ Parfois au fond de moi se ranime/ L’eau verte du canal du Midi/ Et la brique rouge des Minimes/ Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse… ». Lorsque les musiciens de l’Orchestre national du Capitole dirigés par Michel Plasson, et les Petits chanteurs à la Croix Potencée, entonnent, l’après-midi du 10 mars 2004, « Toulouse » de Claude Nougaro, l’émotion étreint les 1 600 personnes réunies dans les travées de la basilique Saint-Sernin. Sur le parvis, des centaines de fans se pressent autour de l’écran géant qui retransmet la cérémonie religieuse.
- Deux jours plus tard, les cendres de l’artiste sont déversées dans la Garonne depuis le pont Saint-Michel.
- Le 9 septembre 2014, jour anniversaire de sa naissance, une statue en pied réalisée par le sculpteur Sébastien Langloÿs prend place devant le Donjon du Capitole au square Charles-de-Gaulle.
- Dans le quartier des Minimes, de nombreux lieux évoquent sa mémoire : une station de métro de la ligne B, un collège et un jardin public.
- Une salle de spectacle aux Sept-Deniers porte son nom. La Maison Nougaro, seul lieu d’exposition dédié à son œuvre, est hébergée dans une péniche amarrée au port de l’Embouchure.
- On trouve une fresque célébrant Nougaro peinte par Raymond Moretti sous les Arcades du Capitole, et un imposant portrait photo sur la façade d’un immeuble de la rue Pargaminières.
SON RAPPORT À LA VILLE ROSE
- En 1966, au moment de l’élaboration de ce qui deviendra l’ode que l’on connaît, Nougaro ne retient que la face sombre de son enfance : celle du cancre bagarreur éloigné de ses parents – son père Pierre, baryton et sa mère Liette, pianiste, sont souvent en tournée – élevé par ses grands-parents paternels dans le faubourg populaire des Minimes. Ses premiers vers en attestent : « Ô Toulouse ! Mon Toulouse/ Toi qu’on nomm’ la “Ville rose”, le ros’ me rend morose ».
- Arrivé à Toulouse, il prend le pouls de son passé – du carillon de son quartier à La Tolosenca (La Toulousaine), l’hymne occitan de Lucien Mengaud et Louis Deffès, que tous les enfants de sa génération ont appris à l’école communale – et en fait un kaléidoscope à 360 degrés.
- « Toulouse » paraît en 45 tours, en avril 1967, sur le label Philips. Emballé, l’animateur Gérard Klein programme la chanson sur France inter. Malgré sa longueur (4mn22), elle s’impose progressivement comme un tube.
- À la fin des années 1980, le fils prodige, définitivement réconcilié avec sa ville natale, revient s’y installer avec Hélène, sa dernière compagne, dans un loft du quai de Tounis face à la Garonne.
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