Le portrait : La BD engagée de Delphine Panique
Le festival BD de Colomiers, qui commence vendredi, dédie sa grande exposition à l’autrice toulousaine Delphine Panique. Rencontre.
L’actu
Vieille, la dernière BD signée Delphine Panique vient tout juste de sortir chez Misma. La vieille en question pense tout haut, dans ses bulles, ce qui nous passe par la tête, sans filtre, ni beaucoup de concessions. « C’est un personnage complexe, dit l’autrice. Tant mieux si ça fait réfléchir ».
L’autrice et dessinatrice y a apporté la touche finale en août dernier, à peine rentrée de sa résidence artistique au Japon, à la Villa Kujoyama de Kyoto. « J’y suis allée 4 mois avec un projet d'adaptation d’une œuvre littéraire japonaise, j’ai fait des recherches sur un texte écrit au XIX siècle par une femme : Notes de chevet, c’est le journal d’une dame de compagnie de l’impératrice au Japon. »
« Quand je choisis de traiter un sujet, cela prend au moins 2 ans. Je fais toute la partie recherches, écriture, je prends beaucoup de notes, que j’ordonne ensuite. Le dessin vient seulement quand je passe à la réalisation des pages. »
« L’art doit être politique »
Le festival BD de Colomiers consacre sa grande exposition 2025 à une rétrospective du travail de Delphine Panique. « Je suis ravie, c’est un des festivals de BD indépendants qui compte en France. », estime l'autrice.
« Il y aura énormément de choses, des planches originales de chacun de mes livres et beaucoup de choses inédites. On a fait un travail de spéléo avec le commissaire d’exposition ! ». Elle ne peut s’empêcher de sourire : « Une rétrospective à 44 ans, ça fait un peu bizarre… »
Le fait est que sa bibliographie est déjà bien remplie. Sa première BD, Orlando, adaptation du roman de Virginia Woolf, a été publiée en 2013 aux Éditions Misma. « C’est sujet très queer, un homme qui se réveille femme, le texte n’a pas vieilli », analyse Delphine Panique.
« J’ai un intérêt pour les questions de genre. » Mais aussi « la condition féminine, la société… Je pense avoir un engagement, une vision très politique des choses. L’art doit être politique ».
Ainsi, En temps de guerre se concentre sur le quotidien des femmes en 14-18. « J’avais beaucoup lu sur les Poilus au front, dit cette ancienne étudiante en Lettres. Je voulais prendre le contre pied. C’est un moment charnière du droit des femmes. » Toujours chez Misma Un beau voyage sort en 2021, sera dans la Sélection Officielle du festival d’Angoulême et recevra le prix Découverte du festival de Colomiers.
« Ma 2e maison, c’est Cornélius, j’ai publié chez eux en mai Grand Cormoran, Creuser Voguer… », qui reçoit le Prix Bulles d’Humanité.
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