L’entretien : Vivre à Toulouse et voir la ville évoluer
Sébastien Vaissière signe chez Privat Vivre à Toulouse,1980 - 2030. Entretien avec cet auteur et journaliste toulousain, grand témoin de l’évolution de la ville.
Quelle était la ligne directrice demandée par Privat ?
« L’idée était de faire suite au tome 1 qui évoquait les années 50-80, écrit par Mathieu Arnal. Les éditions Privat ont décidé de tenter les 50 ans qui suivaient, avec cette petite cocasserie de pousser la temporalité à 2030. Aussi, à la fin du livre, ils ont publié des créations du studio Umeshu Lover.
Ce qui les intéressait était de voir comment je pouvais traverser ces 50 ans en moins de 150 pages, en relayant la parole directe. J'ai proposé de publier des interviews qui viendraient mettre au cœur du livre la parole de témoins de l'époque. »
Quels choix avez-vous faits ?
« Ça a été un peu vertigineux! Comment raconter 50 ans de l'histoire de cette ville ? Je me suis dit, essayons de mêler les totems indispensables de Toulouse, l'aéronautique, le rugby, la gastronomie… Avec une partie plus subjective dans la sélection : les gens qui m'ont marqué en tant que journaliste, dans le Toulouse, que j'ai vu évoluer.
Et en marge des photos qui ont pu être piochées dans les archives de la Mairie, j'ai fait appel à d'anciens collègues, comme Rémi Benoit et Orane Benoit, avec qui j'ai travaillé à Boudu. »
Pouvez-vous citer quelques-uns de ces marqueurs toulousains ?
« AZF, ça a été très important, bouleversant. J'ai l'impression que nous avons beaucoup changé depuis. Comme si cette explosion avait tué une sorte d'insouciance méridionale que l'on avait.
Je viens du Tarn, de Castres. Je suis arrivé ici à 10 ans, parce que mon père, comme tout le monde, allait travailler chez Airbus. J'ai découvert une ville extraordinaire, avec un côté rural et des gens truculents ! J'ai vraiment été impressionné par la liberté des gens d'ici.
Il régnait dans les années 80 une sorte de happening permanent. Toulouse était une ville très ouverte aux arts de la rue et au cirque. Ça se manifestait avec le Royal de Luxe par exemple.
Et ensuite, c'est ce que dit dans le livre Priscille Lacombe, la présentatrice de TLT, de la télé locale à l'époque, c'est l'aventure de l’A380, qui, même si elle a été un échec commercial, a été une fierté pour la ville.
Dans les marqueurs positifs, il y a bien évidemment le projet de l'Oncopole qui vient panser les plaies d'AZF. C'est très important.
Toulouse est devenue une ville scientifique, d'ingénieurs, d'industrie de pointe, de spatial, ça a changé l'état d'esprit. »
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