Le portrait : les différents scénarios de Dominique Auzel
Son cœur balance entre les livres et les films. Après un roman sur Caillebotte, Dominique Auzel, le directeur des éditions Privat, en signe un autre sur Renoir. Rencontre.
Bio express
Dominique Auzel est originaire d’Aveyron, de Marcillac. Il rallie Toulouse pour des études de Lettres. Mais le cinéma n’est pas loin, « j’ai fait un doctorat sur le praxinoscope », invention permettant d’animer des images. En parallèle, il intègre l'Ensav, l’École nationale supérieure d’audiovisuel.
« Puis, j’ai enseigné 4 ans à l’université de Montréal. » À son retour, il prend la direction de la collection Les Essentiels de Milan, où il restera 22 ans.
Dominique Auzel a aussi été 3 ans conservateur à la cinémathèque de Toulouse. Depuis 8 ans, il dirige les éditions Privat.
On rembobine
« J’ai publié une vingtaine de livres, dont beaucoup sur le cinéma, comme Parole de François Truffaut chez Albin Michel. » Il ajoute : « Nathalie Baye m’a proposé d’écrire la préface. Je garderai son fax toute ma vie ! ».
Son premier roman sort en 2024 aux éditions Henry Dougier : Ouvriers, artisans du beau selon Caillebotte. Il a été suivi en mars de cette année de L'amour est une fête selon Renoir, toujours dans la même collection Le roman d’un chef-d’œuvre. Il y dévoile la création du tableau Bal du Moulin de la Galette dans le Montmartre de la fin du XIXe siècle, y parle de l’amitié entre Renoir et Caillebotte, et bien sûr de Renoir fils, Jean, le réalisateur.
La sortie du livre colle avec l’exposition Renoir et l’amour en cours au musée d’Orsay. La fondation Bemberg a d’ailleurs prêté pour l'occasion le pastel La Loge (1879) d’Auguste Renoir, qui est reproduit sur l’affiche de l’exposition !
Entre les lignes
« Pour écrire, je me documente beaucoup, je lis. Car tout cela peut alimenter la fiction », explique l’auteur. Ceux qui ont lu ses lignes seront alors suspendus à ses lèvres, car ils sont sur le point de découvrir ce que peut-être ils suspectaient…. La bonne éprise du raboteur de parquet est fruit de son imagination. « Il y a une bouteille sur le tableau, j’ai imaginé que la bonne n’avait donc vu qu'un seul ouvrier. » Et d’ajouter : « J’ai pensé à La Repasseuse de Degas ».
« J’adore morceler en saynètes. » À tel point que ses livres pourraient être adaptés sur les planches. « Les premiers textes que j’ai écrits sont à la fin du livre. Quand Renoir, perclus de rhumatismes, revient au Louvre après la guerre. » Il est le premier peintre à y voir une de ses toiles exposée de son vivant. « J’imagine comment a pu se dérouler la visite avec le conservateur. Sa vie défile… C’est très cinématographique, on pourrait avoir un accéléré sur ces tableaux. » Jusqu’au noir de fin.
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