Lundi 8 juin
La question : qui était Germaine Chaumel ?
Rédigé par Mathieu Arnal.
Germaine Chaumel, accompagnée de son incontournable Rolleiflex, à Superbagnères en 1938 (crédit photo : Chaumel-Martinez).
Cette Toulousaine (1895-1982), longtemps éclipsée par la notoriété de Jean Dieuzaide, fût l’une des grandes figures de la photographie humaniste des années 1930 et 1940.
Bio express
- Germaine Chaumel naît le 22 novembre 1895 à Toulouse. Poussée par ses parents, elle montre assez vite d’évidentes dispositions pour le dessin et la musique.
- Au mitan des années 1920, elle se lance dans l’opérette sous le pseudonyme d’Anny Morgan.
- La jeune soprano se produit aussi bien à Radio Toulouse qu’au théâtre du Capitole. Elle s’y fait remarquer pour ses interprétations de Manon dans Les Saltimbanques, Marguerite dans Faust ou encore dans L’Auberge du Cheval-Blanc et La Fille de madame Angot.
- En 1933, elle met un terme à sa carrière lyrique et dirige un magasin de disques rue du Rempart Saint-Etienne.
- Au début de la décennie 1930, elle se prend de passion pour la photographie. Autodidacte, elle s’y forme en étudiant les travaux de Man Ray (1890-1976) et de Brassai (1899-1984).
CE QUI COMPTE
- En 1936, elle fonde avec onze de ses camarades le Cercle photographique des XII, club qui a pour ambition d’honorer la « pratique de la photographie artistique ». C’est elle qui patronnera, quelques années plus tard, à la Libération, le jeune Jean Dieuzaide.
- Parallèlement, elle mène une carrière de photo-reportrice. Elle travaille aussi bien pour La Dépêche de Toulouse (rebaptisée Dépêche du Midi qu’en 1947), L’Indépendant ou La Petite Gironde (devenu Sud-Ouest), puis collabore, plus tard, pour Paris-Soir (ancêtre de France-Soir) et le New-York Times.
- Armée de son Rolleifleix, elle couvre en 1938 pour La Garonne (anciennement L’Express du Midi) l’arrivée des premiers réfugiés espagnols dans les Pyrénées après le percement du front d’Aragon, de même que les championnats internationaux de ski de Superbagnères.
- Très rapide, elle livre ses photos à la mi-temps des rencontres sportives (football, rugby…) pour la vente du journal à la fin des matchs.
- Elle transforme l’appartement familial du 21, de la rue Saint-Etienne (aujourd’hui rue Croix-Baragnon) en studio photographique. Elle y immortalise toute la bonne société toulousaine.
Zoom sur
- Elle prend aussi des risques. Le 11 novembre 1942, lorsque les Allemands débarquent en zone libre, elle n’hésite pas, son appareil sous le manteau, à photographier la place du Capitole, ce qui est alors rigoureusement interdit.
- Lors de la Libération de Toulouse, le 19 août 1944, elle est l’une des rares autorisées à photographier le général de Gaulle.
- Au début des années 1950, elle quitte la Ville rose pour Paris et abandonne la photographie au profit du dessin de mode et de la confection de chapeaux.
- Elle s’installe à Blagnac, en 1965, pour y mener une paisible retraite jusqu’à son décès le 12 avril 1982.
- Lors du dernier conseil municipal toulousain, une prochaine exposition sur Germaine Chaumel aux Archives municipales a été évoquée.
Abonnez-vous gratuitement
Nos lecteurs ont aussi lu :
Un message de VOLVO
Abonnez-vous gratuitement
Une info à nous suggérer ?
Contactez-nous
Lire la dernière édition de l'Essentiel Toulouse