Mercredi 4 février
Animaux maltraités : un premier refuge d'accueil d'urgence en France
Le premier "pavillon d'accueil" près de Toulouse est un prototype que l'association Les 4 Pattounes souhaite voir reproduit partout en France (crédit : Adobe Stock).
L’association Les 4 Pattounes et sa présidente Céline Gardel s'apprêtent à créer le 1er refuge d'accueil d'urgence en France pour les animaux victimes de violence. L'objectif : qu'ils ne soient pas rendus à leur tortionnaire faute de place pour les accueillir.
Une structure inédite
- La policière, surnommée la “Capitaine des animaux”, touche son rêve du doigt : ouvrir un “pavillon d’accueil” pour les animaux maltraités et confisqués à leur maître.
- Après 2 ans de dur labeur, le projet va se concrétiser au 1er semestre 2026 près de Toulouse. « Nous avons lancé une cagnotte en décembre. Il ne nous manque que 22 000 € sur les 240 000 € nécessaires », se réjouit Céline Gardel. Pour faire un don, vous pouvez cliquer ici.
- Cette somme servira à acquérir une ancienne pension canine avec des boxes et des grands terrains clôturés, où bénévoles, comportementalistes canins ou encore vétérinaires se relaieront.
- Inédite en France, cette structure est destinée à l'accueil immédiat et 24h/24h d’animaux qui ont été retirés à leur propriétaire par la justice. « L'objectif principal est de mettre l'animal en sécurité et d’appliquer les décisions des magistrats en allant au bout de l'ordonnance de placement. »
- « Ces bêtes traumatisées, blessées ou encore affamées ont besoin de réconfort et de soins. Les chiens ne sont pas les seuls à être violentés, toutes les espèces sont malheureusement concernées (chats, équidés, oiseaux, etc.). »
La toile de fond
- Concernant la maltraitance animale, Céline Gardel reconnaît une avancée dans la réponse pénale : « la loi est appliquée, ce qui n'était pas le cas auparavant ».
- « Le souci, c’est la saturation des lieux pouvant accueillir ces animaux. Le manque de places dans les refuges ou les familles d'accueil nous oblige parfois à les restituer à leur bourreau… C’est les faire retourner en enfer. »
- Autre problématique : la réquisition judiciaire immobilise l'animal, le rendant non adoptable et non stérilisable jusqu'au jugement de son maître. « Quand nous trouvons une place, il faut savoir qu’elle est prise pour un an voire un an et demi. C’est très compliqué pour les refuges. »
Une association à part
- Comme de nombreuses associations, Les 4 Pattounes, créée en 2019, œuvre pour la défense et la protection des animaux à travers diverses actions.
- Sa particularité ? La lutte contre la maltraitance avec la mise en place de formations. Près de 10 000 policiers et gendarmes ont déjà été sensibilisés.
- Labellisée par l'ENM (École Nationale de la Magistrature), l’association a aussi noué des conventions avec le ministère de la Justice, qui permettent notamment d'organiser des stages alternatifs à la peine pour les auteurs de maltraitance animale.
- « Il existe un lien entre la violence envers les animaux et celle intrafamiliale. Ce sont souvent les mêmes auteurs et la maltraitance peut être un précurseur de drames domestiques, différant même le départ des victimes humaines par crainte de représailles sur l'animal. »
- Une formation destinée spécifiquement aux magistrats est prévue pour le 2d semestre 2026, visant à expliquer les tenants et les aboutissants de la confiscation des animaux et leur placement.
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