Mercredi 1 avril
Protection animale : les associations en difficulté financière
Comme de nombreuses structures locales, l'ASA 06 se trouve en précarité financière (crédit : Au Service des Animaux 06).
En mars, SoliPA (Solidarité Peuple Animal) a publié une enquête sur la situation financière des associations. Plus de 75 % d’entre elles se déclarent en difficulté. C’est le cas de ASA 06 - Au Service des Animaux 06.
Ce qui compte
- « 1 ou 2 fois par mois, des associations de protection animale lancent un cri d’alerte parce que leur refuge risque de fermer. Nous-mêmes, on ne s’en sort pas ! », confie émue Cécilia Fruleux, directrice de Au Service des Animaux 06.
- Fin 2025, la structure s’est résolue à faire une cagnotte pour éponger 20 000 € de dettes vétérinaires. « Ce trou dans la trésorerie n’est pas dû à une mauvaise gestion. Depuis 4 ans, nous subissons l’inflation de plein fouet. Nos frais de fonctionnement explosent et le recours aux urgences de nuit pour sauver les animaux coûte très cher. »
- Dans ce contexte, ASA 06 a été obligée d’augmenter ses tarifs de participation à l’adoption, un crève-cœur pour la jeune femme.
- « Les donateurs soutiennent la SPA ou de grandes structures nationales pensant qu’une partie nous revient. Ce n'est pas le cas et c’est difficile de se différencier. Un effort de communication est nécessaire pour faire connaître les refuges locaux et appeler les personnes à les visiter et à discuter avec les équipes. »
État des lieux
- ASA 06 voit le jour en 2012 dans les Alpes-Maritimes. Au départ, l’association se spécialise dans le sauvetage et la stérilisation de chats errants.
- Aujourd'hui, elle gère 2 refuges, l’un dédié aux chats à Grasse et l’autre qui accueille chiens, chats et NAC (lapins, cochon d’Inde) à Mougins.
- La structure a la particularité de fournir un service de fourrière aux communes ou municipalités (capture et transport) et garde à sa charge l’hébergement ainsi que le soin des animaux recueillis.
- « Nous voudrions nous agrandir car les installations actuelles offrent une prise en charge limitée. Faute de financement, nous ne pouvons aménager les terrains inexploités. » L’ASA 06 a dû refuser ses prestations de fourrière à 2 communes et ne peut plus répondre aux demandes des policiers qui saisissent des animaux maltraités.
En coulisses
- Pour faire tourner les refuges, l’association a besoin de 500 000 € par an. Ses principaux postes de dépenses sont les frais vétérinaires et le personnel.
- Les prestations de fourrière représentent 55 % du budget et le reste des entrées d’argent provient de donateurs et des frais d’adoption.
- Si l’ASA 06 capture les chiens et chats abandonnés, elle se refuse à pratiquer l’euthanasie. L’objectif est de sauver les animaux et de leur trouver un nouveau foyer.
- « Nous ne dégageons pas une rentabilité suffisante de notre activité de fourrière pour couvrir les dépenses vétérinaires. Sans les donateurs, et les fidèles bénévoles, nous serions incapables de soigner les animaux récupérés. »
- D’autant que les chiens et chats accueillis ne trouvent pas facilement une nouvelle famille. Seuls 15 % sont adoptés. « On ne connaît pas l’histoire de ces animaux qui ont pu être cabossés par la vie et nous tenons à nous assurer que les adoptants aient déjà une expérience canine, par exemple. » Beaucoup restent donc au refuge et l’association continue à s’en occuper pour leur apporter confort et bien-être.
👉 Pour soutenir les animaux secourus par ASA 06, rendez-vous sur ce lien.
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