Maltraitance animale : l'association Stéphane Lamart équipe un commissariat pour le bien-être des animaux saisis
Le 2 avril, l'association Stéphane Lamart en partenariat avec Zoomalia, a signé une convention avec la police nationale de l’Essonne mettant à disposition gracieusement du matériel nécessaire lors des interventions pour maltraitance animale. Entretien avec son président Stéphane Lamart.
Comment est née cette initiative ?
« Il y a une carence d’équipement au niveau national pour la prise en charge par les policiers et gendarmes des animaux abandonnés ou maltraités.
Ils devraient avoir au minimum une caisse de transport aux normes qui respecte le bien-être de l’animal.
Les policiers réclament aussi des lecteurs de puce, des gamelles, des laisses, des colliers et des croquettes pour s’occuper des chiens ou chats sauvés dans de bonnes conditions. Certains n’ont même pas de brise-vitre pour secourir une boule de poils agonisant dans une voiture.
L'association Stéphane Lamart a décidé de se mobiliser et a fourni ce matériel à un commissariat de l’Essonne. Protéger les animaux, c’est aussi donner aux forces de l’ordre les moyens d’agir efficacement en intervention. »
Quelle est votre intention ?
« C’est une action pour le bien-être animal mais aussi une opération coup de poing pour alerter. Il n’est pas normal que ces équipements soient financés par une association et une entreprise.
Aujourd’hui, de plus en plus de saisies sont effectuées mais il y a de moins en moins de places dans les refuges. Les forces de l’ordre sont obligées de garder et prendre en charge les animaux en attendant un placement. Certains chiens restent 2 jours dans un commissariat et ce sont les policiers qui subviennent à leurs besoins sur leurs fonds propres.
Nous appelons les pouvoirs publics à allouer un budget pour équiper à l’échelle nationale les commissariats et les gendarmeries. Les maires sont aussi invités à le faire pour les polices municipales. »
Comment la maltraitance animale est-elle considérée ?
« Plus d’animaux sont confisqués à leur maître que par le passé, c’est un signe d’évolution positive. Des progrès ont été faits par les forces de l’ordre et la magistrature. Les signalements de maltraitance sont mieux pris en compte.
Les commissariats ont aussi la possibilité d’avoir un référent “condition animale”, sur la base du volontariat. Les choses avancent doucement. »
Vos combats ?
« Nous adressons un carton rouge : le classement sans suite des dossiers. L’association réclame que les tribunaux appliquent des sanctions à hauteur des faits, en imposant des amendes significatives (10 000/15 000 €), en limitant le sursis et en prononçant des peines de prison.
Nous nous battons pour la défense des droits des animaux. Nous intervenons au niveau du Parlement européen pour faire avancer leur statut. Notre particularité, en plus de recueillir des animaux maltraités en refuge, est de mener des actions judiciaires avec la dizaine d’avocats de l’association.
L'État devrait donner davantage de subventions pour aider et créer des refuges. De même, les municipalités pourraient confier des lieux aux associations pour s’occuper des animaux. »
Lire la dernière édition de l'Essentiel Animaux