Lundi 23 février
Aviation : un ajustement de trajectoire pour un grand effet climatique ️
25% du réchauffement climatique causé par les traînées de condensation provient des vols effectués pendant les nuits des mois les plus froids, qui représentent seulement 10% du trafic (crédit : Adobe Stock).
Selon une analyse publiée le 20 janvier 2026 par l’ONG Transport & Environment (T&E), éviter certaines traînées de condensation pour les avions, notamment la nuit et en hiver, pourrait réduire rapidement l’impact climatique de ces derniers.
Des nuages artificiels qui réchauffent
- Les traînées blanches laissées par les avions peuvent s’étaler et former de fins nuages.
- La nuit, ces “voiles” retiennent la chaleur. « Quand le ciel est couvert la nuit, il gèle beaucoup moins. C’est un effet puissant et visible », explique Eric Lombard, président de l’association de Rester sur Terre (Stay Grounded).
- Contrairement au CO₂, qui agit sur le long terme, ces traînées ont un effet immédiat. « L’impact climatique instantané des traînées peut être des centaines à des milliers de fois supérieur à celui du CO₂ émis pendant le vol », souligne-t-il.
- Certaines conditions atmosphériques favorisent leur formation, mais tous les vols ne sont pas concernés.
Modifier quelques vols ciblés
- Une analyse de l'organisation européenne Transport et Environnement (T&E) montre qu’une petite part des vols génère une grande partie des traînées persistantes.
- « Il n’y a pas besoin d’en détourner beaucoup pour réduire significativement l’impact », insiste Eric Lombard.
- Voler légèrement plus bas peut parfois entraîner une surconsommation de carburant, mais « les modélisations montrent que le compromis reste largement bénéfique ». Autre piste : limiter les vols de nuit, période où l’effet réchauffant est le plus marqué.
Un levier rapide, mais pas unique
- Décaler ou abaisser un vol a un effet quasi immédiat : « Le CO₂ agit sur des décennies. Les traînées, elles, disparaissent en 24 heures. »
- Pour autant, ce levier ne suffit pas à lui seul. « Il n’y a pas de solution miracle », rappelle Eric Lombard, évoquant la nécessité de réduire aussi le trafic, notamment touristique.
- Adapter certaines trajectoires ne réglera pas tout. Mais c’est une piste concrète, testée et mesurable. Une preuve que même dans un secteur complexe comme l’aviation, des ajustements ciblés peuvent produire des effets rapides pour le climat.
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