Lundi 23 février
À Roubaix, on apprend à réparer plutôt qu’à jeter
Les sneakers représentent actuellement un tiers des ventes de chaussures en France (crédit : Adobe Stock).
Et si la transition écologique passait aussi par les mains ? À Roubaix, l’École de la réparation forme une nouvelle génération d’artisans capables de prolonger la vie des objets, des baskets aux sacs. Une réponse concrète au gaspillage textile.
Réparer, un métier d’avenir
- Créée avec le soutien d’acteurs du textile et de la chaussure, l’école accueille des jeunes souvent éloignés de l’emploi pour les former aux gestes artisanaux : couture, collage, changement de semelles ou remise en état des cuirs.
- L’objectif est double : redonner une perspective professionnelle et répondre à la pénurie de réparateurs, alors que les demandes explosent.
- L'école s'est installée à Roubaix, ancien bastion de l’industrie textile. La ville a subi en un demi-siècle une désindustrialisation profonde. Depuis 2024, elle est devenue la commune la plus pauvre de France hexagonale, avec 46 % de ses habitants vivant sous le seuil de pauvreté.
Lutter contre le gaspillage
- Chaque année, des millions de vêtements et chaussures sont jetés en France alors qu’ils pourraient être remis en état.
- Réparer des baskets plutôt que les remplacer évite la fabrication d’une nouvelle paire, qui se traduirait par une consommation supplémentaire d’eau, d’énergie et de matières premières.
- L’école s’inscrit ainsi dans la logique d’économie circulaire : prolonger l’usage plutôt que produire davantage.
- Dans les années 1950, la France comptait près de 50 000 cordonniers ; ils ne sont plus que 4 000 aujourd’hui. La transmission des savoir-faire est donc devenue essentielle et l'école joue pleinement son rôle pour former la nouvelle génération de réparateurs de baskets.
Une autre manière de consommer
- Au-delà de la formation, le projet veut aussi changer les habitudes : faire de la réparation un réflexe.
- Les marques partenaires comme Veja, LVMH, ou encore Decathlon, pour ne citer qu'elles, testent déjà de nouveaux services d’entretien et de seconde vie. À terme, réparer pourrait devenir aussi courant que recycler.
- Une petite révolution culturelle : considérer l’objet non plus comme jetable, mais comme durable.
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