Près de Lille, la Parquèterie de la Lys travaille le bois depuis 150 ans
Implantée à La Chapelle-d'Armentières, la Parquèterie de la Lys travaille le bois depuis 150 ans et aligne sur son CV des noms prestigieux.
La transmission d'un savoir-faire
Fondée en 1875, la Parquèterie de la Lys est spécialisée dans la pose et la fourniture de parquet massif, contrecollé ou vinyle. L'entreprise a soufflé ses 150 bougies l'année dernière mais la flamme aurait pu s'éteindre, sans l'arrivée de Christophe Guillerme, qui a fait le choix en 2024 de reprendre l'entreprise. "Quand je suis arrivé, elle était dans une situation pas très facile financièrement."
Ancien élève d'HEI, à Lille, Christophe Guillerme a tâté de tous les matériaux. Il débute sa carrière dans les bouteilles plastique, avant de migrer vers le métal et la conception de rayonnages. Aujourd'hui quinquagénaire, il se frotte à une ressource plus noble : le bois. "La Parquèterie de la Lys repose sur la transmission d'un savoir-faire des plus anciens aux plus jeunes, c'est ça qui compte." L'entreprise emploie une vingtaine de salariés.
"Aujourd'hui, nos clients, c'est 70 % de particuliers et 30 % de professionnels, essentiellement des mairies et des institutions." L'entreprise compte de prestigieuses collaborations comme le musée de La Piscine, à Roubaix, ou la Fondation Louis Vuitton, à Paris.
"Le bois est vivant"
Dernière réalisation atypique en date ? Les parquets des scènes de La rose des vents, à Villeneuve d'Ascq.
Concevoir un parquet de théâtre demande d'infinies précautions. Et une température et une hygrométrie adaptées ! "Si on pose le bois dans des conditions d'humidité importantes, il va gonfler. Et du coup, quand on revient à la bonne hygrométrie, avec une température plus élevée, il se rétracte."
Pour éviter ces phénomènes, "on doit poser le bois à partir de 12° minimum ! En février 2025, on a dû interrompre le chantier de La rose des vents pendant 2 semaines parce qu'il faisait trop froid !" Ne jamais l'oublier : "Le bois est vivant, il bouge !"
Plusieurs essences ont été employées. "Ce sont des bois collés, c'est-à-dire qu'on va mettre plusieurs couches en sandwich", explique l'ingénieur. "À l'extérieur dessus dessous, c'est du hêtre et à l'intérieur, il y a du sapin. Pour les scènes de théâtre, on utilise du hêtre, qui est un bois plus dur donc plus adapté à la danse."
"Il y a un vrai retour du parquet"
Pour les parquets des particuliers ou des mairies, précise Christophe Guillerme, "on utilise du chêne à 95 %."
L'entreprise utilise majoritairement du chêne français : "C'est le bois de nos régions, il y a un côté patrimonial. On utilise du chêne venu de la région Centre et de Bretagne."
"Aujourd'hui, il y a un vrai retour du parquet, notamment pour son aspect 'durabilité' ! Un parquet peut durer des dizaines, voire des centaines d'années. On fait de la rénovation à la CCI, à l'Opéra ou chez des particuliers et ce sont parfois des parquets qui datent du début du XXe siècle. Le bois, c'est quand même inusable, on peut le poncer 1 mm, mettre une teinte s'il le faut et derrière, il repart comme neuf. On a de plus en plus de projets, d'ailleurs, de personnes qui préfèrent qu'on rénove leur parquet plutôt que de le remplacer alors que ça coûterait quasiment la même chose."
Autre accomplissement récent, la Parquèterie de la Lys a décroché, en juin dernier, le label "entreprise du patrimoine vivant". Un sésame attribué aux artisans qui détiennent un savoir-faire d'exception !
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