Jeux vidéo : Édouard Gaudel, Lillois et cofondateur de Ludogram
Depuis 2019, Ludogram développe des jeux vidéo pour rassembler joueurs et joueuses autour d'histoires fortes. En novembre dernier, 3 titres ont été mis sur le marché par le studio en seulement une semaine : "A Better World" (notre article à lire), mais aussi "Tabletop Game Shop Simulator" (où vous gérez une boutique de figurines) et "Monsters are Coming! Rock & Road" (où vous devez protéger une cité ambulante contre des hordes de monstres). Édouard Gaudel, cofondateur de Ludogram et président de Game In, répond à l'Essentiel Lille.
Pourquoi avoir choisi Lille pour vous installer ?
"D’abord parce que je suis né ici ! L’écosystème est vraiment porté par Pictanovo. On coproduit 'Tabletop' avec Knight Fever Games, un autre studio du coin."
"C’est cliché, mais la simplicité du Nord nous fait rester : en tant que créateur indépendant, il y a une vraie solidarité ici, il suffit d’un coup de fil pour trouver de l’aide."
"Notre association de professionnels, Game In, y est sans doute pour beaucoup, mais je suis forcément biaisé puisque j’en suis le président !"
"A Better World" (ABW), sorti le 18 novembre 2025, a été une étape importante ?
"Oui, c’est un peu la fin de la trilogie narrative avec FibreTigre, l’auteur sur nos 3 premiers jeux d’envergure, "Firebird", "Worlds of Aria" et "ABW"."
"On a eu la chance de pouvoir signer avec Arte pour sortir le jeu. C’est le seul éditeur sensible aux questions qu’on a voulu soulever, notamment celle de la place de l’individu dans l’Histoire. ABW s’inscrit dans le réel sans être prescripteur de quoi que ce soit. Ça a été un équilibre complexe à créer, mais je pense que l’on peut se sentir fier de l’expérience que l’on propose !"
Le climat économique reste aride depuis l’après-covid pour les studios indépendants. Comment abordez-vous l'avenir ?
"C’est vrai que c’est toujours compliqué de trouver des financements, mais on a la chance d’avoir pu multiplier les projets et protéger les emplois. Nous sommes un peu plus de 30 désormais, capables de travailler en équipe sur différents jeux en même temps. On va en sortir deux autres en 2026 !"
"On fait aussi le choix de quitter le jeu purement narratif pour le moment, car les temps d’écriture sont plus longs et le marché assez niche. On file sur des expériences aux univers forts où la narration ne passera pas forcément par le texte et des jeux multijoueurs."
"On a d’ailleurs déjà annoncé "Invokyr", sorte de Jumanji horrifique en coopération."
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