Vendredi 17 octobre
C'est arrivé un 17 octobre : en 1918 les Allemands quittent Lille
Rédigé par Clémentine Duverly
La libération de la ville a mis fin à 4 ans d'humiliations, de pillages et d'explosions comme sur cette photo où l'on voit la "Lille Nord Bahnhof" en 1917, après un bombardement (Crédit : Wikicommons).
Après 4 années d’occupation par les troupes allemandes, Lille retrouve enfin la liberté le 17 octobre 1918 avec l’entrée des forces britanniques et du 1er corps de l'Armée française dans la capitale nordiste.
Le contexte
- Le 24 août 1914, au début de la Première Guerre mondiale, Lille est déclarée « ville ouverte », c’est-à-dire, abandonnée sans combat pour épargner la ville et protéger la population, ce qui signifie que les forces militaires se retirent.
- Malgré cette déclaration, Lille subit un siège de 10 jours accompagné de bombardements qui ravagent une bonne partie du centre-ville.
- Le 13 octobre 1914, les troupes allemandes pénètrent dans la ville. Celle-ci passe sous l'administration de la Kommandantur allemande qui contrôle strictement la vie quotidienne.
- La mainmise allemande sur le territoire est notamment synonyme de rationnements, de pillages, de réquisitions ou encore d’arrestations. Les Lillois doivent également régler leurs montres 1h plus tôt, à l’heure de Berlin.
Une libération attendue
- À la fin du mois de septembre 1918, les troupes allemandes amorcent leur retrait pour éviter d’être encerclées par les forces anglaises du général Birdwood et les troupes françaises qui progressent.
- Ce départ s’inscrit dans le cadre de leur retraite générale sur le front occidental, sous la pression des offensives alliées.
- Tôt le matin du 17 octobre 1918, le général Birdwood, à la tête de la IIe armée britannique, en provenance d'Armentières, entre dans les faubourgs du sud au son de la musique militaire anglaise.
- Après 4 ans d’occupation, les soldats britanniques sont accueillis en héros par une population en liesse. Ils ont néanmoins l'élégance d'attendre un régiment français, le 1er corps de l'Armée française, pour pénétrer au centre ville.
- Les militaires sont fêtés, embrassés. Les habitants pleurent de joie. Soulagés, ils arborent des cocardes fabriquées à la hâte. Ils mettent des drapeaux aux fenêtres. La Grand-place est noire de monde. Des avions alliés survolent triomphalement la ville à basse altitude. Les Lillois se mettent chanter la Marseillaise un peu partout dans les rues.
- À sa libération, la ville présente un visage meurtri, marqué par les ruines et les pénuries : plus de 1 500 immeubles ont été anéantis, des églises endommagées, et l’activité industrielle est presque paralysée.
- La capitale des Flandres, qui comptait 217 000 habitants en 1914, n’en recense plus que 112 000 à la fin du conflit.
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