Mardi 9 décembre
Citadelle, une pièce de théâtre inspirée de l'affaire des disparus de la Deûle à Lille
Rédigé par Olivia Cohen
Mélodie Lasselin et Simon Capelle, basés à Lille, ont conçu le spectacle (crédit : ZP).
Ce soir, au Théâtre du Nord, a lieu la première de Citadelle, inspirée par l'affaire des "Disparus de la Deûle". Entre 2010 et 2011, 5 jeunes hommes sont retrouvés morts dans les eaux de la rivière et cette pièce d'1h30 entend notamment redonner la parole à leurs proches. Entretien avec l'auteur et co-metteur en scène Simon Capelle.
Comment avez-vous écrit la pièce ?
- "J'ai commencé par lire les 2 livres qui existent sur le sujet : Noyés de la Deûle, la contre-enquête de Gilles Durand et Les morts de la Deûle, Une enquête dans le Nord de Tomas Statius. Ensuite, j'ai lu tous les articles de presse qui existent. C'était ça, le travail documentaire de démarrage."
- "Ensuite, on est allé à la rencontre de familles de victimes. On a interrogé entre 3 et 5 personnes."
- "Il y a aussi eu des échanges avec des gens qui ne souhaitaient pas parler de nouveau de cette histoire. Et ça, on en tient compte aussi dans la pièce, on mentionne que pour ces personnes-là, c'est difficile de reparler de ces histoires qui sont douloureuses."
Qu'est-ce qu'une pièce de théâtre peut apporter de + ?
- "Il y a eu beaucoup de fantasmes sur cette histoire, notamment sur la responsabilité des personnes qui ont été retrouvées noyées, parce qu'elles auraient trop bu ou parce qu'elles auraient été dépressives."
- "En fait, il y a plein de détails, plein d'informations que le public n'a pas forcément, puisque le public ne lit pas forcément toute la presse ou les livres. Donc, il y a un 1er travail informationnel vis-à-vis du public."
- "Et puis aussi, l'endroit où l'on voulait travailler, c'était celui de la question de la justice aujourd'hui, c'est-à-dire : comment est-ce que dans un système médiatique et judiciaire les proches des victimes peuvent parfois se retrouver sur le banc de touche et traverser les choses de manière hyper douloureuse, sans aucune réponse."
Vous donnez la parole aux proches des victimes...
- "Ces personnes ne sont pas présentes physiquement mais il y a des textes qui ont été écrits à partir des rencontres qu'on a eues avec elles."
- "L'avantage du théâtre, c'est que je ne suis pas limité en nombre de signes. Je suis pas obligé de couper. Il y a un témoignage qui dure dix min dans la pièce, qui est en entier et qui n'a subi aucune coupe. La seule coupe qu'il y a eue, c'est la personne qui a décidé de la faire. Elle a été maîtresse complètement de sa parole."
- "Et nous, c'est ça qu'on voulait rétablir et que ça génère une vraie forme d'empathie entre le public et ces proches de victimes."
👉 À noter : Les représentations affichent complet jusqu'au 13. Nous vous invitons à contacter l'accueil du Théâtre du Nord au 03 20 14 24 24 pour vérifier s'il reste des places au guichet.
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