Mardi 24 février
Oksana Moroz, étudiante ukrainienne à Tourcoing : "J'ai fini par accepter que ma nouvelle vie était ici !"
Rédigé par Virginie Menvielle
L'Ukrainienne étudie à l'IUT de Tourcoing (crédit : Oksana Moroz).
Ce mardi, la guerre en Ukraine entre dans sa 5e année. Oksana Moroz, partie adolescente de son pays, étudie désormais dans la métropole lilloise, où elle construit sa vie. Portrait.
Le départ
- Au matin du 24 février 2022, les troupes russes envahissent l'Ukraine, déclenchant une guerre qui dure depuis 4 ans jour pour jour. Oksana Moroz a alors 15 ans.
- La jeune femme est originaire de Yampil, village de 4 000 âmes dans la région de Soumy situé à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe.
- Comme de nombreux ressortissants et ressortissantes, elle fuit l'Ukraine moins d'un mois après le début du conflit, avec sa mère, sa demi-sœur et leur chienne.
- Dans un premier temps, elle refuse de partir, souhaitant rester avec son père et ses amis. Mais sa mère, qui parle français et qui connaît notre pays pour y avoir séjourné enfant, finit par la convaincre.
- "On a eu de la chance", se souvient Oksana, "on a pris un bus jusqu'à Lviv, à la frontière polonaise. Puis des gens nous ont emmenées en Pologne. On les a suivis jusque dans les Ardennes."
De l’exil temporaire à la nouvelle vie
- À son arrivée en France, le 21 mars 2022, Oksana est persuadée que l'exil sera temporaire. Au collège, dans les Ardennes, elle peine à se faire des amis.
- En terminale, tout change : "J'ai fini par m'intégrer et j'ai même organisé le bal de promo."
- Elle décroche son baccalauréat, s'inscrit sur Parcoursup "comme les Françaises" et rejoint notre région pour y poursuivre ses études.
- Aujourd'hui âgée de 19 ans, elle étudie le management et la logistique à l'IUT de Tourcoing. Très investie, elle a des responsabilités au sein du Bureau des Étudiants (BDE).
"J'ai fini par accepter que ma nouvelle vie était ici"
- Est-ce que son pays lui manque ? "Je pense que j'ai grandi, j'ai fini par accepter que ma nouvelle vie était ici." Sa mère et sa demi-sœur vivent, quant à elles, toujours dans les Ardennes.
- Oksana est retournée 2 fois en Ukraine. La dernière remonte à août 2024. "Une maison s'est écroulée juste à côté de la nôtre. Depuis, la situation n'a fait qu'empirer."
- Elle échange régulièrement avec ses amis restés à Kyïv. "Ils continuent à sortir, à faire des petites fêtes dans le centre. On continue à vivre. Et à sourire. Même s'il n'y a plus d'électricité."
- Après son dernier voyage, elle obtient la protection subsidiaire, statut accordé aux étrangers qui risquent d'être persécutés dans leur pays. "J'ai envie de retourner en Ukraine pour voir ma famille et mes amis, mais je ne pourrai pas y retourner sans perdre mon statut."
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