Jeudi 12 mars
Guillaume Vittel, percussionniste classique à l'ONL et fan de David Lee Roth
Rédigé par Olivia Cohen
Dans les mains de Guillaume Vittel, un gong reconnaissable à son "mamelon", au centre (crédit : OC).
Pour célébrer ses 50 ans, l'Orchestre national de Lille donne une série de concerts avec des invités de marque, notamment ce soir au Grand Sud. À cette occasion, l'Essentiel Lille met en lumière les musiciens de l'ONL. Place à Guillaume Vittel, percussionniste.
"Nos instruments ne sont pas les plus visibles"
- Le trentenaire ne fait pas que jouer du triangle, planqué derrière les violons et autres bassons. Guillaume Vittel ("comme l'eau !") officie à l'Orchestre national de Lille depuis 2018. "Les percussionnistes, on est un peu à part ! Nos instruments ne sont pas les plus visibles, mais les gens les ont dans l'oreille."
- En tout, une douzaine d'instruments passent régulièrement entre ses mains, confie celui qui tâte aussi du concertina à ses heures perdues : "Je m'occupe prioritairement des claviers, c'est-à-dire tout ce qui est marimba, glockenspiel, xylophone, vibraphone et les cloches tubulaires."
- "Mais je peux aussi faire la caisse claire, du tambour, du triangle, des castagnettes ou du tam-tam." Attention, rien à voir avec le djembé : le tam-tam est un large disque de métal, plat et suspendu. L'instrument idéal quand on veut donner l'impression que la fin du monde est proche !
- "Il ne faut pas non plus confondre le tam-tam avec le gong, qui a ce qu'on appelle un 'mamelon', c'est-à-dire un petit dôme au milieu, et qui est accordé sur une note précise."
Son premier morceau ? "L'Aile ou la Cuisse"
- Guillaume Vittel grandit à Tullins dans l'Isère et se met à la batterie à 7 ans : "Mon père écoutait beaucoup de rock, comme Van Halen, Deep Purple ou Scorpions."
- À 10 ans, il intègre l'orchestre d'harmonie local : "Souvent c'est ça, dans les petites villes, le but des élèves en école de musique, c'est d'aller nourrir les rangs des petits orchestres locaux. Mon premier morceau, ça a été 'L'Aile ou la Cuisse' au xylophone, je m'en souviens parce que ça allait super vite !"
- C'est son prof de guitare qui le pousse à entrer au conservatoire de Grenoble : "J'avais 14/15 ans, ils m'ont pris en me disant 'la caisse claire, c'est très bien mais le reste, il y a du boulot !'" Il cravache comme un fou ("jusqu'à 10h par jour") et décide d'en faire son métier.
- Lui qui rêvait du CNSMD de Lyon, il intègre celui de Paris en 2014, où il passe 4 années : "J'ai très mal vécu mes 2 premières années, cette ville ne me parlait pas du tout."
Entre David Lee Roth et Roberto Alagna
- Avec le recul, seuls les bons souvenirs restent : "On ne s'en rend pas trop compte quand on est jeune, mais au CNSM, on avait des moyens colossaux. La veille de mon concours d'entrée là-bas, je suis tombé sur un couloir de 80 m de long, avec des grosses caisses et des marimbas alignés et je me suis dit : 'ok là, il y a 100 000 € de matériel.'"
- Rien ne prédestinait ce fan de David Lee Roth et Mano Solo, adepte de musique irlandaise, à rejoindre un orchestre classique : "J'avais un a priori plutôt péjoratif."
- Mais plusieurs expériences, en parallèle de ses études, lui font réviser son jugement : "J'ai travaillé avec des orchestres d'étudiants, comme l'Orchestre Prométhée et c'était extrêmement constructif. J'ai fait des tas de choses avec eux : des productions au Châtelet, le gala de Roberto Alagna avec ses fans qui hurlaient comme à un match de foot et j'ai pris un jet pour jouer du Nino Rota à la Villa Médicis, à Rome, au mariage du fils d'un industriel française richissime."
👉 Pour voir Guillaume Vittel sur scène, rdv à 20h, au Grand Sud, à Lille. Billetterie.
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