Dans La Fugue de Barbarie, Pascal Caillé raconte la vie de son père, survivant des camps de concentration
À la veille des commémorations du 8 mai 1945, la médiathèque Saint-Maurice Pellevoisin reçoit, de 18h à 19h, le Lillois Pascal Caillé, auteur de La Fugue de Barbarie, récit consacré à son père, passé par Auschwitz et 4 autres camps de concentration. Entretien.
Pourquoi avoir écrit ce livre ?
"Le message principal, c'est qu'on peut survivre dans des conditions extrêmes. Et ce qui me paraît important aussi, c'est qu'on voit, avec ce témoignage, le résultat d'une politique extrémiste."
Comment votre père est-il arrêté ?
"À 14 ans, Roger Caillé, mon père, est 'placé' comme homme à tout faire à l'École des Roches, un collège de Verneuil-sur-Avre (Eure). Sa mère disait : 'Pas de bouche inutile à nourrir.' Il n'avait pas d'instruction mais c'était un démerdard ! Assez rapidement, son patron est nommé à Gaillac, dans le Tarn, et il prend mon père dans ses valises."
"C'est là-bas que mon père entre dans la résistance, en ravitaillant des maquisards. Il avait grandi avec un père qui avait reçu une balle dans la tête pendant la Guerre de 14-18 et qui avait la haine des Allemands."
"Mon père est arrêté le 28 février 1944 par des SS, à 21 ans. Il arrive en avril 1944 à Auschwitz-Birkenau et il est libéré, à Dachau, le 29 avril 1945, quand les Américains libèrent le camp."
Comment êtes-vous parvenu à retracer son parcours ?
"Presque toutes les personnes qui ont été déportées sont restées un grand laps de temps à ne rien dire. Nous étions 5 enfants et il nous en a relativement peu parlé. On était incapable de dire 'il a fait tel ou tel camp'. Je voulais vraiment faire un récit journalistique et ne pas tomber dans la fiction. Je suis donc parti de plusieurs sources. Il avait d'abord demandé à ma sœur aînée de lui écrire son histoire et ça tenait sur 7 pages dactylographiées."
"Après ça, j'ai été à la pêche aux informations. À la fin de sa vie - il est décédé en 2008 - poussé par un camarade allemand qui était passé lui aussi par le camp d'Hersbruck, il s'était mis à témoigner dans des associations, dans des écoles. J'ai pu me servir de ça. Et aussi d'enregistrements vidéo faits par ma mère."
À son retour des camps, votre père croise la route d'un couple de Gaillon (Eure)...
"Mon père a rencontré Mme Simoneau, qui était bénévole à la Croix-Rouge. Son mari était notaire. Ils ont accueilli et hébergé mon père. Ils l'ont sauvé, d'une certaine façon. Je crois qu'il était plus proche de ces personnes-là que de ses parents. Chaque année, il allait porter des fleurs sur leur tombe et chaque fois qu'il parlait d'eux, il était ému."
👉 Y aller : 18h. Médiathèque Saint-Maurice Pellevoisin, Lille. Inscription conseillée.
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