Lundi 23 juin
Le portrait : Joshua Weilerstein, directeur musical de l'Orchestre national de Lille đ»
Rédigé par Olivia Cohen
Il est originaire de Rochester, à quelques centaines de miles de New York (crédit : OC).
Depuis un an, il est le directeur musical de l'Orchestre national de Lille. Pour sa 2e saison, le jeune chef d'orchestre a élaboré avec son équipe une programmation à son image, qui met à l'honneur des compositeurs et compositrices oubliées.
Une saison un peu spéciale
- Le Nouveau SiĂšcle, salle attitrĂ©e de l'ONL, est en travaux. De ce fait, Ă la rentrĂ©e, les musiciens seront accueillis Ă lâOpĂ©ra ou au Casino BarriĂšre.
- Mais il en faut plus pour entamer l'enthousiasme de Joshua Weilerstein : "DĂ©mĂ©nager et jouer hors les murs, câest un dĂ©fi mais sâil y a bien un orchestre qui peut sâadapter Ă cette situation, câest lâONL car les musiciens ont l'habitude de se produire ailleurs, dans des acoustiques diffĂ©rentes. On a trouvĂ© une trĂšs belle salle de rĂ©pĂ©tition Ă Lille Fives, qui sâappelle la Phalecque."
- Cette saison est importante car l'ONL fĂȘtera ses 50 ans dâexistence : il a Ă©tĂ© fondĂ© en 1976 par Jean-Claude Casadesus. En janvier prochain, les travaux de mise aux normes seront achevĂ©s et les 100 musiciens de lâONL pourront rĂ©intĂ©grer leur salle pour les concerts anniversaires.
Des compositeurs et compositrices oubliées
- Pour marquer le coup, cette saison 2025/2026 a Ă©tĂ© minutieusement Ă©laborĂ©e. Le jeune chef d'orchestre aime par-dessus tout faire dĂ©couvrir des Ćuvres mĂ©connues ou tombĂ©es dans l'oubli.
- "Lors du concert pour les 150 ans de la naissance de Maurice Ravel (le 14 octobre ici, NDLR), nous avons prĂ©vu de jouer une Ćuvre de Germaine Tailleferre, une proche de Maurice Ravel. Cela suscite la curiositĂ© du public. Et ensuite nous enchaĂźnons avec le BolĂ©ro de Ravel, que tout le monde connaĂźt."
- Quand on lui demande sâil est intĂ©ressant de jouer un tube comme le BolĂ©ro, Joshua est catĂ©gorique : "Bien sĂ»r, car câest une Ćuvre de gĂ©nie !" Il s'interrompt, puis ajoute, dans un sourire : "Peut-ĂȘtre câest un peu moins intĂ©ressant pour les musiciens, parce que câest trĂšs rĂ©pĂ©titif !"
Un lien fort avec l'Europe
- Quoiqu'originaire des Ătats-Unis, le trentenaire, qui a Ă©tudiĂ© le violon et la direction dâorchestre au Conservatoire de Boston, nâest pas totalement dĂ©racinĂ© sur le vieux continent. Ses grands-parents vivaient Ă Vienne avant d'Ă©migrer outre-Atlantique pour fuir le nazisme.
- Peut-ĂȘtre son histoire personnelle influence-t-elle ses goĂ»ts : "Je suis trĂšs intĂ©ressĂ© par les reprĂ©sentants de lâ'art dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©', tous ces artistes mis Ă lâindex ou pourchassĂ©s par les Nazis comme Gideon Klein ou Viktor Ullmann."
- La musique est sa langue maternelle : "Mon pÚre était violoniste, ma mÚre pianiste et ma soeur violoncelliste, donc c'est la 'Family Circus' !" Aujourd'hui, il vit à Londres. Sa particularité ? Il est vegan.
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