Lundi 4 août
Le dernier écrin français du Corbusier se trouve à Éveux, près de Lyon
Rédigé par Léo Mourgeon
Situé à Éveux, le couvent Sainte-Marie de la Tourette est la dernière œuvre française du Corbusier (crédit : FLC / Olivier Martin-Gambier).
À une trentaine de kilomètres de Lyon, un bâtiment en béton brut intrigue, perché sur une colline d’Éveux. Le couvent de La Tourette, à la fois lieu de vie religieuse, centre d'accueil et œuvre architecturale majeure, mérite le détour. Peu connu du grand public, il est pourtant classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2016.
Un peu d’histoire
- Au début des années 1950, les Dominicains lyonnais cherchent un site pour former leurs jeunes frères dans la région. Grâce au père Marie-Alain Couturier, ardent promoteur de l’art sacré moderne, la commande est confiée à un architecte visionnaire : Le Corbusier.
- Ce dernier conçoit l’édifice entre 1953 et 1960, en collaboration avec Iannis Xénakis, ingénieur et compositeur. Il pense le couvent autour des 3 fonctions de la vie monastique : habiter, étudier, prier. Inauguré en 1960, le lieu n’accueille plus d’étudiants depuis la fin des années 1960, mais abrite toujours une communauté d’une dizaine de frères.
- Le lieu offre également la possibilité d’y séjourner le temps d’une retraite au moyen d’une cinquantaine de chambres individuelles.
Ce qu’il faut savoir
- Sainte-Marie de La Tourette est la dernière grande œuvre française du Corbusier. Construite en béton brut, elle combine lignes géométriques et formes épurées, dans une ambiance austère mais lumineuse.
- Les cellules des moines, conçues selon le Modulor (un système de proportions basé sur le corps humain), sont toutes identiques : loggia, coin travail, lit, sanitaires, tout est pensé pour favoriser la concentration.
- Dans les espaces communs, Le Corbusier sculpte la lumière à travers fentes, canons lumineux, vitraux et puits de lumière. Les façades ondulatoires, conçues avec Xénakis, donnent à l’ensemble une allure unique, entre rigueur et abstraction.
À quoi s’attendre
- La visite de l’intérieur ne se fait que sur réservation, via des visites guidées limitées à 120 personnes par jour. À ne pas manquer : les cellules monacales, l’église baignée de lumière indirecte, la crypte et le toit-terrasse pensé comme un espace de méditation.
- Les espaces extérieurs restent librement accessibles de 8h à 19h. En été, les visites guidées sont proposées tous les jours (sauf le dimanche à 10h) à 10h, 14h et 16h, pour une durée de 1h30. Tarif plein : 10 € ; gratuit pour les -12 ans. Réservation en ligne obligatoire.
- Enfin, le lieu reste habité. Une dizaine de frères dominicains y vivent encore. Le silence, la sobriété et la discrétion sont donc de rigueur durant toute la visite.
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