Les mystérieux carnets de Lacassagne refont surface 🔎
Des documents longtemps considérés comme disparus vont être dévoilés au grand public ce vendredi à La Doua après plusieurs années de restauration et de numérisation.
On rembobine
- Alexandre Lacassagne est l’un des grands noms lyonnais de la médecine. Né en 1843, ce médecin militaire devenu professeur en médecine légale à la faculté de Lyon a participé à la naissance de la criminologie moderne.
- À la fin du XIXᵉ siècle, il développe un intérêt particulier pour les tatouages, qu’il considère comme des indices sur la vie et le parcours des individus. Lors de missions en Algérie auprès des Bataillons d’Afrique, des unités disciplinaires de l’armée française, il commence à relever les dessins présents sur la peau des soldats.
- Ancres marines, symboles militaires, portraits de femmes ou dessins érotiques : pour lui, ces motifs racontent les origines sociales, les émotions ou les expériences de ceux qui les portent.
Ce qu’il faut savoir
- Les carnets regroupent plus de 800 tatouages classés dans 7 recueils thématiques. Chaque motif a été décalqué directement sur la peau à l’aide d’une toile transparente puis reproduit sur carton. Au dos, Lacassagne notait l’identité, la profession, le niveau d’instruction ou encore l’emplacement du tatouage sur le corps.
- Longtemps considérés comme perdus, ces documents étaient en réalité conservés à la faculté de médecine lyonnaise par la professeure de médecine légale Liliane Daligand. Remis à la bibliothèque universitaire Lyon 1 en 2023, ils ont ensuite été restaurés par la Bibliothèque nationale de France.
- Le chantier a été conséquent. Le carnet le plus dégradé a par exemple nécessité la création d’un fac-similé avant restauration. Les documents ont ensuite été numérisés et mis en ligne sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.
- Aujourd’hui, ces archives intéressent autant les historiens que les sociologues ou les spécialistes du tatouage. Elles offrent un aperçu rare de la vie populaire, militaire et carcérale de la fin du XIXᵉ siècle.
Ce qui se passe
- Ce vendredi matin, de 10h à 12h30 (inscription), Lyon 1 organise une 1ʳᵉ présentation publique des carnets restaurés à la bibliothèque universitaire Sciences, sur le campus de La Doua à Villeurbanne.
- Le doyen de la faculté de médecine Lyon Est, Gilles Rode, reviendra sur leur redécouverte. Des spécialistes de la BnF détailleront aussi le travail de restauration mené ces derniers mois.
- Cette remise en lumière s’inscrit dans une politique plus large de valorisation des collections anciennes de Lyon 1. L’université conserve près de 34 500 documents antérieurs à 1920 et plus de 6 000 ouvrages déjà accessibles en ligne.


