Mardi 19 mai
Lyon devient la capitale des contrôles industriels
Rédigé par Léo Mourgeon
Le domaine des « END » est crucial pour les grandes infrastructures comme les usines, centrales nucléaires et lignes de chemin de fer (crédit : Adobe Stock).
Près de 3 000 professionnels du contrôle industriel se retrouvent cette semaine au Centre des Congrès pour parler sécurité, technologies et recrutement dans un secteur encore méconnu du grand public.
Pour bien comprendre
- Derrière le nom un peu obscur « essais non destructifs », ou END, se cachent des contrôles utilisés tous les jours dans l’industrie. Le principe est de vérifier qu’un équipement est en bon état sans le démonter ni le casser. Ces techniques servent notamment à inspecter des ailes d’avion, des rails SNCF, des pipelines, des soudures ou encore des centrales nucléaires.
- Pour cela, les spécialistes utilisent des ultrasons, des rayons X, des capteurs thermiques ou des logiciels capables de repérer des anomalies invisibles à l’œil nu. « C’est un peu l’équivalent d’une échographie ou d’une radio médicale, mais appliquée aux grandes infrastructures et aux machines », résume Laetitia Atamna, coordinatrice au sein de la COFREND, l’organisme français de référence du secteur.
- Créées il y a plus de 50 ans, les Journées COFREND reviennent tous les 3 ans. Cette édition lyonnaise réunit plus de 200 conférences scientifiques, près de 90 exposants et plusieurs milliers de professionnels jusqu’à jeudi.
Les enjeux
- Si ce domaine attire autant de monde, c’est parce qu’il est devenu stratégique. Avec le vieillissement des infrastructures, la relance du nucléaire ou l’augmentation du trafic aérien, les besoins de contrôle explosent.
- « Aujourd’hui, l’objectif n’est plus seulement de détecter une panne, mais d’anticiper quand elle pourrait arriver », explique Laetitia Atamna. Les entreprises et les autorités misent désormais sur l’intelligence artificielle, les drones ou l’analyse de données pour accélérer les inspections et limiter les risques d’accident.
- « Un arrêt imprévu dans une centrale ou sur une ligne ferroviaire peut coûter des millions d’euros. Les END permettent d’éviter ça », poursuit-elle.
Zoom sur
- Parmi les temps forts, l’Open Day organisé mercredi veut faire découvrir ces métiers aux étudiants et aux personnes en recherche d’emploi.
- Conférences, démonstrations et ateliers permettront de manipuler certaines technologies utilisées dans l’aéronautique, l’énergie ou le génie civil. Le secteur fait face à d’importants besoins de recrutement, notamment à cause des départs à la retraite.
- « Beaucoup de jeunes ignorent que ces métiers existent alors qu’ils mêlent terrain, nouvelles technologies et utilité publique », conclut Laetitia Atamna.
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