L’entretien : « Il faut s’attendre à voir de plus en plus de loups près de Lyon »
Floriane Tanner est la fondatrice de l’association Cohab, qui assure un suivi de terrain des populations de loups dans le Rhône. Pour l’Essentiel Lyon, elle revient sur les récentes apparitions du carnivore aux abords ou dans la métropole.
Un loup a été aperçu à Sathonay la semaine dernière. Est-ce habituel ?
« C’est surprenant qu’un loup arrive sur le territoire de la métropole, mais cela reste cohérent avec la dynamique d’expansion de l’espèce. Il faut s’attendre à en voir de plus en plus. »
« Nous sommes actuellement en période de dispersion. Les jeunes loups quittent leur meute pour trouver un nouveau territoire et, éventuellement, un partenaire. »
« Durant cette phase, ils peuvent traverser des secteurs périurbains. Mais, dans la majorité des cas, ils ne font que passer. »
Peut-on estimer la population de loups dans le Rhône ?
« Chaque année, des loups sont recensés dans le département. En revanche, nous ne disposons pas de moyens suffisants pour déterminer précisément combien d’individus se sont installés durablement. »
« La population reste limitée, mais il existe déjà plusieurs précédents. Le 1ᵉʳ loup officiellement validé dans le département remonte à 2021. »
« En 2022, un individu a été percuté sur l’autoroute, à hauteur de Saint-Priest. L’année suivante, des prédations ont été constatées à Genas. »
De nouvelles règles d’abattage, plus souples, sont entrées en vigueur. Faut-il s’attendre à des prélèvements dans le Rhône ?
« À ce jour, aucun prélèvement n’a eu lieu dans le Rhône, même si des attaques sur des moutons et des chèvres ont déjà été recensées. »
« Les prédations se concentrent plutôt dans le sud du département. Toutefois, les éleveurs concernés n’ont pas demandé de tirs de défense. »
« Ce n’est, pour le moment, pas nécessaire : le nombre de cas reste faible, notamment en comparaison avec les attaques attribuées aux chiens. »
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