L’entretien : « Au Bugey, la gestion de l’eau est une question centrale » ⚡️
Alors que l’été débute, la centrale nucléaire du Bugey s’adapte aux enjeux environnementaux et prépare son avenir. Sa directrice, Elvire Charre, répond à nos questions.
Pouvez-vous nous dresser un portrait de la centrale ?
« Le site est situé à Saint-Vulbas, au bord du Rhône. Sur 100 ha, il comprend 4 réacteurs à eau pressurisée, mis en service entre 1978 et 1980. La centrale produit environ 18,5 TWh d’électricité par an, soit l’équivalent de 5 % de la production nationale. Elle alimente 1/3 de la région Auvergne-Rhône-Alpes. »
« C’est aussi un employeur majeur : on compte 1 440 salariés EDF, 600 prestataires permanents, et jusqu’à 2 000 personnes supplémentaires mobilisées lors des arrêts techniques et des opérations de maintenance. »
« Il s’agit de la plus ancienne centrale nucléaire de France encore en activité. C’est pourquoi des moyens considérables sont déployés pour la moderniser en permanence. Le site est constamment en travaux, et c’est normal. »
L’eau est-elle la ressource la plus précieuse du site ?
« C’est une ressource essentielle. Au Bugey, 2 réacteurs fonctionnent en circuit ouvert : ils prélèvent chacun 45 m³/s dans le Rhône. L’eau est chauffée et pressurisée pour faire tourner les turbines, avant d’être restituée à 98 % au fleuve. »
« Les 2 autres réacteurs utilisent des tours aéroréfrigérantes, avec un besoin réduit à 5 m³/s, mais une restitution limitée à 91 %, le reste partant en vapeur. »
« La température des rejets est strictement encadrée : en été, elle ne doit pas dépasser 26 °C. En cas de fortes chaleurs ou de faible débit, on adapte la production. En 2024, cela a représenté 0,3 % de baisse. L’objectif principal reste de fournir une énergie décarbonée en toute sécurité pour les écosystèmes. »
Quelles sont les priorités dans les années à venir ?
« Au-delà de la sûreté, la priorité reste l’adaptation au changement climatique. On continue d’investir dans notre programme ADAPT, articulé autour de 3 axes : comprendre, évaluer et mobiliser. »
« La formation est aussi un enjeu fort. Nous avons la chance d’avoir un campus directement sur site et de participer à un projet de recherche unique au monde : le banc MISTRAL. Son objectif est de récupérer les pertes d’eau dans les tours aéroréfrigérantes. »
« Enfin, le site est concerné par le débat public et les études préalables autour de l’implantation de 2 réacteurs EPR2, pour une mise en service envisagée dans les années 2040. »
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