Jeudi 26 juin
Quand la nature disparue reprend vie au Grand Parc 🪻
Rédigé par Léo Mourgeon
L’orcanette de Matthiole était utilisée par les industries textiles et cosmétiques régionales pour la fabrication de teintures (crédit : CBN).
Ce jeudi, une plante absente depuis plus de 70 ans fait son retour à Miribel, dans une opération mêlant écologie, mémoire botanique et reconquête du vivant.
De quoi parle-t-on ?
- L’orcanette de Matthiole, ou Alkanna matthioli, est une petite plante méditerranéenne aujourd’hui classée « en danger de disparition » en France. Dans la métropole, elle n’avait plus été observée depuis les années 1950.
- On la reconnaît à ses fleurs bleues à violettes et à sa racine rouge sang, autrefois utilisée pour fabriquer des teintures. « C’était une plante très recherchée pour ses pigments, notamment dans les cosmétiques et les étoffes. Elle fait partie de ce patrimoine oublié qui relie nature et savoir-faire », explique Nicolas Guillerme, directeur du Conservatoire botanique du Massif central (CBNMC).
- La disparition locale de l’orcanette s’explique par cette exploitation, mais aussi par la raréfaction de ses milieux naturels. « L’urbanisation a fait disparaître les sols sableux où elle poussait. On a grignoté peu à peu ses derniers refuges », poursuit-il.
Ce qui se passe
- Ce jeudi à Meyzieu, l’orcanette est réintroduite sur les berges du Lac d’Emprunt, dans le Grand Parc Miribel-Jonage. L’opération de semis est pilotée par le CBNMC et le SYMALIM.
- « On agit espèce par espèce, site par site. Restaurer la biodiversité, c’est un travail de précision, pas de masse », résume Nicolas Guillerme. Une convention vient d’être signée entre les 2 entités pour mutualiser les connaissances scientifiques et les moyens techniques.
Pour aller plus loin
- Ce retour s’inscrit dans une stratégie plus large de renaturation. En 2024, la lône de Jonage – ancien bras du Rhône – a été remise en eau, permettant le retour d’espèces aquatiques et la recharge des nappes.
- « On recrée les conditions naturelles, et la vie revient. Ce sont des signaux encourageants », note le botaniste. D'autres chantiers sont en cours, comme une étude sur le ruisseau du Rizan ou la Rize, rivière souterraine qui traverse Villeurbanne et Lyon.
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