Lundi 11 août
La basilique d’Ainay, ou Lyon résumé en un millénaire
Rédigé par Léo Mourgeon
Saint-Martin d'Ainay est la seule église romane encore débout à Lyon (crédit : SAVL).
Bien cachée entre 2 artères secondaires du centre-ville, Saint-Martin d’Ainay raconte à elle seule un immense pan de l’histoire lyonnaise.
Un peu d’histoire
- Située dans le quartier éponyme, entre Rhône et Saône, la basilique est l’un des derniers témoins du Lyon médiéval. L’abbaye bénédictine, mentionnée dès 859 dans un acte de Charles de Provence, aurait été fondée sur les vestiges d’un ancien lieu de culte mérovingien.
- Le monastère prend de l’ampleur au fil des siècles. En 1107, l’église abbatiale est consacrée par le pape Pascal II. Ce jour-là, un autel est dédié à la conception de la Vierge, un geste précurseur dans le développement du culte marial à Lyon.
Ce qu’il faut savoir
- Saint-Martin d’Ainay est aujourd’hui la seule église romane conservée à Lyon. Une rareté, aussi bien par son architecture extérieure que par la richesse de son intérieur. Au XIIIᵉ siècle, l’abbaye administre 169 prieurés, de la Bourgogne à la Provence.
- Mais le système de la commende, où les abbés sont désignés par le roi, affaiblit la vie monastique. En 1562, les guerres de religion entraînent de lourdes destructions. La Révolution n’épargne pas le site : transformée en grenier à fourrage, l’église évite pourtant la démolition.
- Elle est restaurée au XIXᵉ siècle dans un style néo-roman par les architectes Pollet et Questel, puis inscrite aux Monuments historiques dès 1840. En 1905, elle devient officiellement basilique mineure.
Ce qu’il faut voir
- La chapelle Sainte-Blandine, légèrement désaxée, est considérée comme le bâtiment le plus ancien. Sa crypte renferme une mosaïque portant les noms des martyrs de 177, tués à Lugdunum lors des premières persécutions chrétiennes en Gaule.
- Au centre de l’église, 4 colonnes antiques, issues du sanctuaire des Trois Gaules, soutiennent la coupole. Les chapiteaux sculptés de motifs végétaux ou fantastiques attirent l’œil.
- À cela s’ajoutent l’orgue Merklin (1890) et les vitraux du XIXᵉ siècle, qui font dialoguer Antiquité, Moyen Âge et époque contemporaine. Un lieu à redécouvrir, au calme, à 2 pas de Bellecour, et qui résume à lui seul plus de 1 000 ans d’histoire lyonnaise.
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