Lundi 25 août
Cusset : une centrale hydroélectrique centenaire aux portes de Lyon
Rédigé par Léo Mourgeon
L’ouvrage, toujours en fonctionnement et remarquablement conservé, peut être admiré depuis un belvédère aménagé (crédit : EDF).
L’un des plus gros chantiers du XIXᵉ siècle se cache derrière une façade néo-classique au bord du canal de Jonage.
Un peu d’histoire
- Creusé à partir de 1894, le canal de Jonage et sa centrale hydroélectrique de Cusset marquent un tournant dans l’histoire industrielle de l’agglomération. Pensé par la Société lyonnaise des forces motrices du Rhône, cet aménagement répondait à une demande croissante en électricité.
- Mise en service en 1899, l’usine devient alors la plus puissante du monde, dépassant à elle seule la production des 136 autres centrales françaises réunies.
- En plus d’alimenter le développement industriel de l’Est lyonnais, elle restructure profondément le territoire : assainissement des zones marécageuses de Vaulx-en-Velin, création de quartiers comme le Carré de Soie, essor du tramway et des industries.
- Nationalisée en 1946, la centrale est régulièrement modernisée, mais reste fidèle à sa mission d’origine : produire une énergie propre, locale et renouvelable.
De nos jours
- Toujours en service, Cusset alimente l’équivalent de 125 000 habitants grâce à ses 15 turbines Kaplan. L’eau provient du Rhône via le canal de Jonage. Le site fonctionne au fil de l’eau, sans retenue ni barrage spectaculaire, ce qui en fait une installation discrète mais stratégique.
- L’architecture, signée Albert Tournaire, est restée intacte : façades néo-classiques, fronton orné, portraits en bronze des fondateurs… Un patrimoine technique et esthétique. Depuis 2007, un éclairage nocturne imaginé par l’Atelier Jeol sublime le bâtiment à la tombée de la nuit.
En pratique
- Au 71 rue Pierrefrite, à Villeurbanne, EDF a aménagé un belvédère en accès libre sur le toit de l’ancienne huilerie. De là, on découvre une vue panoramique sur le canal et la centrale.
- Un parcours pédagogique retrace l’histoire du site, explique son fonctionnement et son impact sur l’aménagement du territoire.
- Si l’intérieur de la centrale reste inaccessible pour des raisons de sécurité, il est possible de le découvrir grâce à un dispositif de réalité augmentée : depuis un smartphone, on explore les turbines, les salles techniques ou encore les archives historiques du site.
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