Mardi 9 septembre
Le saviez-vous ? : Le thermomètre centigrade est né à Lyon
Rédigé par Léo Mourgeon
Si le numérique a aujourd’hui remplacé le mercure, l’échelle centigrade, de 0 à 100, demeure (crédit : Musée Gadagne).
En 1743, Lyon met de l’ordre dans la chaleur et le froid en fixant une échelle simple allant de 0 à 100.
Un peu d’histoire
- Au XVIIIᵉ siècle, les thermomètres ne parlent pas la même langue : fluides différents, graduations incompatibles, unités concurrentes. À l’Académie des Beaux-Arts, place des Cordeliers, Jean-Pierre Christin, astronome et physicien, cherche un repère commun.
- Le 14 septembre 1740, il tranche : « le mercure sera préférable à l’esprit-de-vin », fluide jusque-là dominant en France. Avec le verrier Pierre Casati, installé à la Guillotière, et l’aide du physicien Henri Burdin, il met au point un thermomètre à mercure gradué.
- Christin fixe son échelle sur des repères concrets : 0 pour la glace fondante, 100 pour l’eau bouillante. Présenté en 1743, le « thermomètre de Lyon » séduit par sa lisibilité et se diffuse vite : des centaines d’exemplaires sont vendus à Paris, en Provence et dans le Dauphiné.
Et après ?
- L’instrument change les pratiques. Les soyeux stabilisent la température des magnaneries, les médecins objectivent la fièvre, les météorologues comparent les saisons. Un 1ᵉʳ relevé note ainsi −18 °C à Lyon en janvier 1749.
- Ailleurs, d’autres échelles coexistent : Réaumur (0-80, alcool), Fahrenheit (32-212, mercure), Celsius (100 pour la glace, 0 pour l’ébullition, inversé ensuite). Les travaux lyonnais, indépendants de ceux de Stockholm, s’imposent par leur simplicité centésimale.
- En 1794, la Commission des poids et mesures officialise cette division en 100 degrés, ouvrant la voie au système métrique. Si le mercure est aujourd’hui proscrit et les capteurs devenus électroniques, l’échelle née à Lyon continue d’ordonner le quotidien.
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