Lundi 20 octobre
Quand Lyon s’illuminait pour la première fois en 1697
Rédigé par Léo Mourgeon
Si Lyon est aujourd'hui reconnue comme « la ville des lumières », elle ne fut pas la plus volontaire lors de l'invention de l'éclairage public au XVIIᵉ siècle (crédit : Adobe Stock).
Le 20 octobre 1697, les premières lanternes publiques étaient mises en service dans les rues de la capitale des Gaules.
Le contexte
- Avant 1697, les rues lyonnaises étaient plongées dans l’obscurité dès la nuit tombée. Les habitants se déplaçaient à la lueur de falots portés à la main ou posés sur les rebords de fenêtres.
- À Paris, déjà, depuis 1667, une première politique d’éclairage urbain avait été instaurée sur injonction royale. En octobre 1697, un édit de Louis XIV étend à toutes les grandes villes françaises l’obligation d’éclairer les rues durant « les mois sombres », d’octobre à mars.
- L’objectif était double : renforcer la sécurité publique et affirmer le pouvoir royal dans la gestion du quotidien urbain. La mesure concevait l’éclairage comme un service public ; les municipalités devaient contribuer financièrement via une taxe sur les propriétaires.
En pratique
- L’allumage du 20 octobre 1697 marque la mise en œuvre de l’édit à Lyon. Mais la municipalité ne s’est pas soumise entièrement : alors que l’ordonnance initiale visait l’installation de 2 500 lanternes, Lyon n’en mit que 1 000 après négociation.
- L’opération impliqua aussi la création d’une administration spécialisée : des commissaires de quartiers inventoriaient les lanternes, contrôlaient leur état et géraient, non sans mal, la perception de la taxe « boues et lanternes ».
La suite
- Au fil du temps, les techniques d’éclairage se diversifièrent. Vers 1767 apparaissent les premiers réverbères à huile, puis au XIXᵉ siècle le gaz s’impose peu à peu. Le tournant électrique, à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, modernise l’éclairage public.
- Mais ce n’est qu’en 1989 que Lyon s’engage dans une approche ambitieuse : le Plan Lumière. Le maire Michel Noir lance la mise en valeur nocturne de monuments, ponts, façades et espaces publics pour donner à la ville une signature lumineuse.
- Depuis, l’éclairage ne se contente plus d’illuminer : il crée des ambiances, dessine des parcours nocturnes et vise aussi la sobriété énergétique. Lyon est ainsi reconnue internationalement comme « ville des Lumières », en faisant un peu d’ombre à Paris…
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