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Lundi 27 octobre

Lyon : À la découverte des mausolées antiques de Trion

Rédigé par Léo Mourgeon
Le tombeau de Turpio est le mieux conservé de cette nécropole romaine (crédit : Balandras).

Au cœur du 5ᵉ arrondissement, dans le quartier de Saint-Just, se cache un trésor méconnu du passé romain de Lyon : la nécropole antique de Trion. Ce vaste ensemble funéraire, construit entre le Iᵉʳ et le IIIᵉ siècle après J.-C., témoigne de la puissance de la Capitale des Gaules à son apogée.

On rembobine

  • Si les aqueducs, l’amphithéâtre des Trois Gaules ou les célèbres tables claudiennes rappellent l’importance de Lugdunum, le site de Trion en est une facette plus intime : celle des rites funéraires et du culte des morts.
  • C’est en 1885, lors de travaux menés à Saint-Just, qu’une découverte fortuite bouleverse les connaissances sur la ville antique : 10 mausolées du Iᵉʳ siècle sont mis au jour près du carrefour de Trion, à l’angle de la place du même nom et de l’avenue Barthélemy-Buyer.
  • Ces monuments, richement décorés et érigés en bordure de voie romaine, étaient réservés à des familles notables. Le plus célèbre et le mieux conservé est le tombeau de Turpio, un affranchi devenu riche négociant, symbole de la réussite sociale dans la cité.
  • « Plus qu’un cimetière antique, Trion est un quartier des morts, organisé, monumental, où chaque tombe raconte une histoire », explique Denis Lang, président de l’association Sauvegarde et Embellissement de Lyon (SEL).

Ce qu’il faut savoir

  • À l’époque romaine, le secteur de Trion était particulièrement animé. Situé à la croisée de 3 via romana – celles d’Aquitaine, de Narbonnaise et de l’Océan – il formait une porte d’entrée stratégique de la ville. « On imagine mal aujourd’hui à quel point ce plateau était vivant. C’était un lieu de passage, de commerce, et aussi de mémoire », poursuit Denis Lang.
  • Face au risque de destruction, 5 mausolées furent démontés pierre par pierre à la fin du XIXᵉ siècle, puis remontés place Eugène-Werner, à quelques pas du site d’origine. Ils furent classés Monuments historiques en 1905.
  • « Je pense que 80 % des Lyonnais n’ont jamais pris le temps de découvrir ce lieu alors qu’il s’agit de l’un des vestiges les plus étonnants de la ville », ajoute Denis Lang, qui milite pour une meilleure mise en valeur de ces monuments.

En profiter : L’association Historical Cities (ex VieuxLyon.org) propose plusieurs balades historiques autour de la nécropole et du mausolée de Turpio. Ils sont disponibles gratuitement au format numérique interactif, imprimable ou audioguidés.

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