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Mercredi 12 novembre

Le jour où Lyon (et la France) a choisi Perrache

Rédigé par Léo Mourgeon
Les décideurs locaux ont longtemps hésité entre Perrache et la Guillotière avant que l'État ne vienne tranché (crédit : H. Feuga / IGPC AURA).

Le 12 novembre 1845, un arrêté ministériel décide que la future gare centrale de Lyon sera installée à Perrache, un choix qui dessinera durablement la ville.

Le contexte

  • Au milieu du XIXᵉ siècle, le chemin de fer s’impose partout en France. Lyon dispose déjà de terminus à Vaise et à La Guillotière, et la ligne vers Saint-Étienne fonctionne depuis 10 ans, mais aucune gare centrale ne relie encore le nord au sud du pays.
  • La question divise : faut-il bâtir une grande gare sur la rive gauche du Rhône, plus accessible, ou sur la presqu’île ? Après des années de débats, l’État tranche : ce sera Perrache, au bout du cours de Verdun.
  • Ce choix satisfait les milieux d’affaires, qui y voient un accès direct aux quais de Saône et au centre-ville, mais suscite déjà des critiques : le site est exigu, enclavé entre les 2 cours d’eau.

Ce que ça a changé

  • En 1855, les travaux commencent sur un terrain encore semi-rural, occupé par des entrepôts et des jardins. Il faut surélever tout le secteur de 6 mètres, creuser des tunnels et édifier une halle métallique de 210 mètres, signée de l’architecte François-Alexis Cendrier.
  • Inaugurée en juin 1857, la gare relie Paris, Marseille et Genève (via la gare des Brotteaux). Autour, les brasseries, hôtels et ateliers se multiplient : le sud de la presqu’île devient un pôle économique animé.
  • En une décennie, Perrache s’impose comme le cœur ferroviaire du pays, reliant les grandes lignes du PLM et faisant circuler plus de 100 trains par jour à la Belle Époque.

L’autre côté

  • Mais cette modernité a un revers. Les voies et les voûtes dressent une barrière entre la place Carnot et le nouveau quartier industriel : on parle vite de ceux qui vivent « derrière les voûtes ».
  • La coupure urbaine perdurera plus d’un siècle, accentuée dans les années 1960-1970 par le centre d’échanges (CELP) et les jonctions autoroutières.
  • Envisagé depuis les années 2010 et engagé plus récemment, le projet Ouvrons Perrache cherche à retisser ce lien en repensant le CELP et ses abords, et en réinventant sa connexion avec la gare SNCF.
  • 180 ans après la décision de 1845, Lyon s’efforce enfin de rouvrir la gare qu’elle avait jadis construite pour relier.
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