Jeudi 4 décembre
Plaques photographiques : un trésor criminologique ressurgit aux Archives de Lyon
Rédigé par Léo Mourgeon
Edmond Locard et son appareil photographique dans le laboratoire de recherche criminelle à Lyon, vers 1910 (crédit : Keystone/Hulton Archive)
Une partie méconnue de la mémoire lyonnaise refait surface ce jeudi grâce à un fonds photo exceptionnel issu du tout premier laboratoire de police scientifique au monde.
Les grandes lignes
- Les Archives municipales présentent ce jeudi soir à l’occasion d’une conférence publique (18h place des Archives. Gratuit sans inscription.) les coulisses d’un trésor longtemps oublié : plus de 21 000 plaques de verre issues du laboratoire d’Edmond Locard, médecin lyonnais qui fonde en 1910 la première police scientifique moderne.
- Avant l’invention des films souples, ces plaques servaient de support aux photographies : scènes de crime, empreintes digitales, analyses balistiques ou simples documents de travail y sont « imprimés ».
- À Lyon, ce fonds a une portée particulière. C’est grâce à lui qu’ont été posées les bases de la criminalistique moderne, avec la dactyloscopie et l’étude des traces qui feront la réputation internationale de Locard et de la ville dans le domaine.
Ce qu’il faut savoir
- Redécouvertes dans un local humide au début des années 2000, les plaques étaient menacées de destruction. « Une grande partie avait été attaquée par les champignons », explique Louis Faivre d’Arcier, directeur des Archives.
- Après un premier tri mené entre 2021 et 2022, près de 21 584 plaques ont pu être sauvées. Elles ont ensuite été désinfectées, dépoussiérées une par une, puis intégralement numérisées entre 2023 et 2024.
- Leur traitement a demandé un travail patient : reconditionnement, identifications, création d’une base de données. « Ce sont des objets fragiles et coupants, chaque manipulation compte », rappelle-t-il.
- La numérisation ouvre désormais la voie à une étude scientifique plus fine et à une diffusion maîtrisée. « Cela permet de préserver les originaux tout en rendant ce patrimoine accessible aux chercheurs et, dans une mesure raisonnable, au grand-public », souligne encore Faivre d’Arcier.
Pour aller plus loin
- La conférence s’inscrit dans le Bicentenaire de la photographie célébré aux Archives et dans toute la France jusqu’en juin 2026. Un anniversaire logique à Lyon, où l’invention de Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône a trouvé un usage industriel et artistique au sein des usines Lumière.
- Plusieurs rendez-vous suivront : une exploration du Lyon des années 1930-1970, un atelier sur la Marche pour l’égalité de 1983, ou encore un focus sur les souterrains lyonnais à travers les images de Kevin Carpin. Le programme complet est disponible ici.
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