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Mardi 16 décembre

Histoire de Lyon : D’où vient le nom de la rue de la Bombarde ?

Rédigé par Léo Mourgeon
Le bas-relief situé au numéro 10 est inspiré du nom de la rue, et non l'inverse (crédit : Wikimedia).

Entre le palais de Justice et les pavés du Vieux Lyon, une rue discrète concentre plusieurs siècles d’histoire lyonnaise et une énigme toujours non résolue.

La genèse

  • La rue de la Bombarde relie le quai Romain-Rolland à la rue Tramassac, au pied de la montée du Chemin-Neuf, dans le 5ᵉ arrondissement. Son tracé n’a rien d’anodin : pendant tout le Moyen Âge, et jusqu’en 1562, elle marque la limite nord du cloître Saint-Jean.
  • Elle longe alors le rempart canonial et mène à une porte stratégique, la porte Froc, point d’entrée solennel vers l’archevêché. Cette fonction explique l’ancienneté exceptionnelle de la voie : elle est attestée dès la fin du XIVᵉ siècle et figure sur le plan scénographique de Lyon de 1550. Peu de rues lyonnaises peuvent revendiquer une telle continuité urbaine, dans un secteur qui concentrait pouvoirs religieux, judiciaire et cérémoniel.

Les pistes

  • Avant de s’appeler rue de la Bombarde, la voie est connue sous plusieurs noms d’usage : rue de la Porte Frot, Porte Froc ou Porte Frau. Ces appellations renvoient à la porta fratrum, la porte des frères chanoines de Saint-Jean.
  • Le nom actuel apparaît très tôt, mais son origine reste incertaine. Dès 1509, un ouvrage imprimé à Lyon mentionne un « gymnasiolo Bombardano », probablement une école aujourd’hui disparue. La bombarde est à la fois un ancien canon et un instrument de musique, deux interprétations possibles.
  • Une hypothèse évoque une batterie d’artillerie lors des guerres de Religion, mais l’événement est trop tardif pour expliquer la dénomination. Un mystère odonymique que même Gadagne peine à trancher.
  • Une auberge installée au n° 10 adopte cette enseigne au XVIIIᵉ siècle : le bas-relief représentant un mortier enflammé, daté de 1772, s’inspire donc du nom de la rue et non l’inverse.

Pour l’anecdote

  • En plus d’inspirer une enseigne pittoresque, la Bombarde a nourri l’imaginaire. Au XVIIᵉ siècle, le savant lyonnais Balthasar de Monconys cite la rue dans un poème, la situant « devant Saint-Jean, près du Palais ».
  • Preuve que cette petite rue, bien avant d’intriguer les historiens, était déjà un repère familier pour les Lyonnais.
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