Mercredi 17 décembre
Quand Henri IV épousait Marie de Médicis à Lyon
Rédigé par Léo Mourgeon
L'union fut proclamée en la cathédrale Saint-Jean le 17 décembre 1600 (crédit : peinture de Pierre Paul Rubens conservée au Louvre).
Il y a exactement 425 ans, la capitale des Gaules devenait, le temps de quelques semaines, le centre politique et diplomatique du royaume de France.
La petite histoire
- En 1600, la France sort à peine des guerres de Religion. Henri IV, 47 ans, doit stabiliser un royaume endetté et assurer sa succession. Son premier mariage avec Marguerite de Valois n’a donné aucun héritier.
- Le choix de Marie de Médicis s’impose alors : jeune princesse florentine, catholique et surtout assortie d’une dot colossale de 600 000 écus d’or, précieuse pour apaiser les créanciers italiens de la Couronne.
- Lyon est retenue pour la rencontre et la célébration officielle car la ville est alors la plus « italienne » du royaume. Banquiers, marchands et diplomates venus de Florence y sont installés depuis des décennies, faisant de la cité un carrefour économique et politique stratégique.
Comment ça s’est passé ?
- Le mariage est d’abord célébré par procuration le 5 octobre 1600 à Florence, en l’absence du roi, retenu par un conflit avec le duc de Savoie. Marie de Médicis quitte ensuite l’Italie avec une suite d’environ 2 000 personnes et débarque à Marseille début novembre.
- Elle remonte la vallée du Rhône et arrive à la Guillotière le 2 décembre. Lyon n’est pas prête à l’accueillir, mais l’entrée est avancée. La ville est décorée à la hâte, les rues sablées et éclairées aux flambeaux.
- Henri IV arrive le 9 décembre, incognito, et le mariage est officiellement célébré le 17 décembre 1600 à la cathédrale Saint-Jean. Les festivités durent près d’un mois, rythmées par banquets, cérémonies et négociations diplomatiques.
Quelques anecdotes
- Henri IV aurait dû accueillir sa promise à Marseille, mais il était occupé à rassurer sa maîtresse qui menaçait de faire annuler le mariage.
- Des menus de festin, conservés aux Archives, évoquent ris de veau, chapons et fruits rares. Aujourd’hui encore, une plaque dans la cathédrale Saint-Jean rappelle l’événement, tandis que l’ancien château de La Mothe, où séjourna le couple royal, se trouvait à l’emplacement actuel de la caserne Sergent-Blandan.
- Quelques mois plus tard, la naissance du futur Louis XIII viendra sceller durablement ce mariage lyonnais entré dans l’histoire.
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