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Lundi 22 décembre

Noël 1872 à Lyon : un sapin pour faire communauté

Rédigé par Léo Mourgeon
Alsaciens et Lyonnais se réunissent cette année-là autour d’un des premiers arbres de Noël publics documentés (crédit : illustration conservée par la BnF).

À l’hiver 1872, un arbre de Noël organisé par des Alsaciens à Lyon raconte l’exil, la solidarité et la capacité d’une ville à faire face aux bouleversements de l’Histoire.

Réparer les fractures

  • L’histoire débute un an après la guerre franco-prussienne. L’Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées par l’Empire allemand, contraignant des milliers d’habitants à quitter leur région. Lyon figure alors parmi les principales villes d’accueil de ces familles en exil.
  • En décembre 1872, la Société de secours mutuels alsacienne et lorraine de Lyon décide d’organiser un arbre de Noël collectif. L’objectif est double : offrir un moment particulier aux enfants des familles déplacées et récolter des dons pour financer l’entraide.
  • Le sapin dépasse la simple décoration. Il incarne une tradition venue de l’Est, encore rare dans l’espace public français à cette époque, et devient un point de ralliement pour une communauté déracinée.

Une fête et un message

  • Le discours prononcé ce jour-là par Auguste Schnéegans, ancien député du Bas-Rhin, donne toute sa portée à l’événement. La fête se veut ouverte, accueillant des enfants « de tous les cultes » et de tous les horizons, mais elle porte aussi une mémoire politique forte.
  • Ses paroles sont autant fédératrices que reconnaissantes. « Je dis merci à cette noble cité de Lyon qui nous accueille ainsi, nous, les irréconciliables de l’Allemagne, à cette cité généreuse qui nous verse à pleines mains ses richesses », déclare-t-il, saluant les dons et la solidarité lyonnaise.
  • Il rend également hommage à une famille lyonnaise d’origine alsacienne, les Hoeffherr, fondateurs de la brasserie Georges, qui ont offert le sapin et mis à disposition le lieu de la réception.
  • Ce Noël de 1872 devient ainsi un moment de transmission : expliquer aux plus jeunes les raisons de l’exil et maintenir vivant le lien avec une région aux histoires partagées.
  • L’intégralité du discours d’Auguste Schnéegans est disponible sur le site de la BNF.
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