Lundi 26 janvier
Quand le barrage Pierre-Bénite ouvrait une nouvelle ère sur le Rhône
Rédigé par Léo Mourgeon
Le barrage, à gauche, et l'écluse, à droite, ont bouleversé l'accès au port Édouard-Herriot, au second plan (crédit : Archives départementales et métropolitaines).
Il y a 60 ans jour pour jour, la navigation franchissait pour la 1ʳᵉ fois l’écluse du barrage de Pierre-Bénite, un ouvrage qui a profondément transformé le rapport de Lyon à ses fleuves.
Le contexte
- Avant les années 1960, la navigation à l’entrée sud de Lyon est contraignante. À la confluence du Rhône et de la Saône, les niveaux d’eau varient fortement, compliquant le passage des péniches et l’accès au port Édouard-Herriot.
- L’accès à la Saône dépend alors du barrage-écluse de la Mulatière, mis en service en 1882, devenu insuffisant face à l’augmentation du trafic fluvial et à la taille croissante des bateaux.
- Dans un contexte de modernisation des transports et de développement de l’hydroélectricité, l’État et la Compagnie nationale du Rhône lancent un nouvel ouvrage capable de sécuriser la navigation et de produire de l’énergie.
En détails
- Les travaux du barrage de Pierre-Bénite débutent en 1962 et s’achèvent en 1966. Le chantier impressionne par sa rapidité : le Rhône est coupé seulement 3 jours en janvier 1966 pour permettre la mise en eau.
- Le 26 janvier, 3 bateaux franchissent l’écluse pour la 1ʳᵉ fois. Haut de 9 m, l’ouvrage est équipé de groupes dits « bulbes », une technologie alors innovante, intégrée directement dans le flux du fleuve.
- La centrale développe aujourd’hui une puissance de 80 MW et produit environ 535 millions de kWh par an, soit l’équivalent de la consommation domestique de près de 200 000 habitants.
De nos jours
- Soixante ans plus tard, Pierre-Bénite reste le maillon sud du Rhône aménagé. Il régule les niveaux d’eau, sécurise le trafic fluvial et participe à l’équilibre énergétique régional.
- Son impact se lit aussi en creux, à quelques centaines de mètres : l’ancien barrage-écluse de la Mulatière, rendu obsolète, est démantelé dans les années 1960. Conservée, l’écluse a trouvé une seconde vie comme bassin de joutes, toujours utilisé aujourd’hui.
- À la pointe de la Confluence, les rails qui plongent dans l’eau faisaient partie de cet ensemble et en rappellent l’histoire.
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