Lundi 9 février
Comment la rafle de la rue Sainte-Catherine a durablement marqué l’histoire lyonnaise ?
Rédigé par Léo Mourgeon
Le 9 février 1943, le numéro 12 de la rue devient le théâtre de la rafle la plus importante de la guerre à Lyon (crédit : Muriel Cholet - CHRD).
Il y a 83 ans, un événement majeur de l’Occupation a bouleversé le centre-ville et continue de structurer la mémoire locale.
Ce qui s’est passé
- Le 9 février 1943, vers 10 h, la Gestapo dirigée par Klaus Barbie intervient au 12 rue Sainte-Catherine, dans le 1er arrondissement. Le lieu abrite alors des services d’aide de l’Union générale des israélites de France, qui hébergent et orientent des réfugiés juifs souvent sans ressources.
- Ce jour-là, distribution d’aides et consultations médicales attirent de nombreuses personnes. Les agents allemands arrêtent d’abord le personnel, puis toute personne entrant dans l’immeuble.
- 86 hommes et femmes sont interpellés, fouillés et dépouillés de leurs effets. Ils sont détenus au Fort Lamothe (devenu caserne du Sergent-Blandan) avant d’être transférés au camp de Drancy le 12 février.
- Parmi eux figurent des travailleurs sociaux, des commerçants, des médecins, âgés de 13 à plus de 80 ans. 80 seront déportés vers Auschwitz-Birkenau, Sobibor ou Bergen-Belsen.
La suite
- La rafle s’impose comme la plus importante visant des Juifs à Lyon pendant la guerre. Seules 4 personnes survivent aux camps.
- L’épisode devient l’un des faits centraux examinés lors du procès de Klaus Barbie en 1987, après la découverte d’archives confirmant l’ordre signé par le chef de la Gestapo.
- Des rescapés y témoignent, tout comme des victimes indirectes. Les travaux historiques menés depuis ont permis d’identifier les parcours individuels et d’établir les listes des déportés, dont Simon Badinter, père de Robert Badinter.
Ce qu’il reste
- Cette rafle symbolise aujourd’hui le patrimoine mémoriel lyonnais. Une plaque rappelle les arrestations rue Sainte-Catherine et des commémorations s’y tiennent régulièrement, avec lectures de noms ou participation d’élèves.
- L’enjeu dépasse l’hommage : il s’agit d’ancrer l’événement dans l’histoire locale, à mesure que disparaissent témoins et survivants. Une cérémonie municipale est annoncée dimanche 15 février à 11 h sur place, pour maintenir ce travail de transmission dans l’espace public.
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